Mercredi 27 novembre 2019

Je ne raconte plus rien, il n’y en a que pour les dessins.

Pourtant, je pourrais raconter des choses les concernant.

Je vais peut-être me mettre un coup de pied au fesses pour le faire, pour ne pas laisser mourir ce journal, pour qu’il reste tout de même le journal d’un plasticien.

Lundi, j’ai transformé un échec en réussite. Un mauvais dessin, représentant Peggy Guggenheim, s’est transformé en une peinture correcte.

L’après-midi, heureux de cette surprise, de cette demi réussite, mais insatisfait de ne pas dessiner aussi bien que j’aimerais savoir le faire, j’ai décidé de combler l’un de mes petits carnets. J’étais un peu toqué. Je savais que cela ne servait à rien de dessiner sur de si petits formats, je savais que jamais je ne dessinerai dans des lieux publics grâce à ces petits carnets - trop timide, pas suffisamment à l’aise - mais cela m’embêtais de les laisser à moitié vide. Alors, au lieu de faire une seconde tentative sur tablette, comme je l’avais fait pour Virginia Woolf et Georgia O’Keeffe, j’ai opté pour l’un de mes deux carnets à moitié vides, et j’ai fait une Peggy qui m’a plue. Elle était plus âgée sur mon dessin que sur la photo et elle ne ressemblait pas non plus à Peggy âgée, mais je trouvais le dessin vivant, sensible. N’était-ce pas là l’essentiel ?

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Bref, j’étais content et au lieu, le lendemain, de me lancer dans une nouvelle aventure (pour tenter d’approcher ce qu’on appelle, sans savoir ce que c’est, l’art) j’ai commencé de remplir, vite fait mal fait, l’un de mes deux carnets. Quatre dessins. Puis huit. Enfin treize. Le carnet était fini. Ça ne ressemblait pas à grand chose, mais je n’étais pas déçu, car l’idée était de revenir ensuite, calmement, sur chaque dessin, de me battre avec chacun d’eux en prenant mon temps, pour en faire des choses regardables. C’était un beau défi, une nouvelle façon de travailler.

Le soir - nous sommes toujours lundi - séance de modèle vivant. Comme lors de la précédente séance, j’ai décidé de ne pas m’occuper du corps du modèle mais de son visage.

Léonard de Vinci était avec moi. Quatre dessins furent sauvés.

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Aujourd’hui, j’ai poursuivi mon entreprise et, toujours toqué, j’ai attaqué mon second carnet : une très vieille photo de Lautréamont jeune. J’en ai fait une sorte de Rimbaud. Ce doit être parce que, dans mon imaginaire, ces deux là se ressemblent. J’en suis assez content. Ce dessin ne sera pas retouché. Comme pour la jeune/vieille Peggy, je trouve qu’il y a dans ce Lautréamont/Rimbaud un peu d’art qu’il faut laisser où il est, qu’il ne faut pas abîmer.

27/11/19