Mercredi 7 août 2019

La bonne nouvelle ce jour est que je continue à vivre avec le minimum - et le nécessaire - sans aucune frustration.

Sans trop d’efforts également je dessine. Ce n’est pas toujours formidable, loin de là, mais je suis heureux que depuis dimanche, cette bonne résolution de dessiner chaque jour, tienne, et parfois deux dessins dans la journée si je ne suis pas trop occupé, si j’ai de l’énergie.

Aujourd’hui, j’en ai eu marre des visages sur internet. J’ai pris une grande feuille blanche, ai médité quelques minutes devant mon chevalet et je me suis lancé.

Une nouvelle fois, ce ne fut pas formidable. Mais prometteur. Ça ressemblait à l’ébauche d’une icône.

Masculine au début, une sorte de Christ jeune, sans barbe, qui n’aurait pas encore été cloué, elle s’est transformée en femme.

Et je ne serai pas surpris si un jour je m’amusais à créer des visages entre les deux : masculin si la personne qui regarde a envie de voir un homme, féminin dans le cas contraire. Si le regardeur est un peu malin, il pourra aussi considérer qu’il s’agit d’une personne non genrée.

Cela m’a plu cette histoire d’icône car, lorsque j’ai repris le goût des arts plastiques en arrivant ici, à Vézelay, cette idée de faire des icônes destinées à des non croyants m’a traversé l’esprit. Je pensais alors probablement, de cette façon, séduire le public attaché à la religion passant par cette ville chargée d’histoire. Mais, peut-être qu’inconsciemment, c’était mon attirance pour le portrait qui se révélait ?

Ainsi, aujourd’hui, je verrai bien d’un côté de ma C15 une publicité « Homme Toutes Mains » et de l’autre : « Artiste Portraitiste ».

Si j’étais un peu plus aguerri dans cet art, je le ferais sur le champ.

Je vais peut-être le faire quand même, histoire de forcer le destin, de trouver des personnes que cela amusera d’avoir leur trombine tracée au graphite.