Après Christian Bobin, c'est au tour de Charles Bukowski de nous parler de notre monde d'Homo Sapiens Sapiens pas si sapiens que ça (en 1967) :

« Si le monde venait à changer ce serait parce que les pauvres le sont foutrement trop, qu’ils sont putain de trop nombreux et que le peu de gars pleins aussi as qui possèdent le pouvoir prendront peur, parce que si tu as trop de pauvres sur les bras et qu’ils n’en voient plus le bout, tous les journaux de propagandes du monde ne suffiront pas pour les convaincre qu’ils ont de la chance, que la pauvreté est sacrée et que la famine les lavera de tous les péchés. Si ces gens votent en masse, les choses vont être amenées à changer et s’ils n’obtiennent pas la majorité les émeutes seront toujours plus grandes, sanglantes, bouillantes, infernales. Je n’y connais rien en politique mais c’est assez simple observer. Après, les gars au pouvoir ne sont pas débiles, ils tenteront simplement de leur donner de quoi grignoter, juste assez de miettes pour les retenir. Ensuite la bombe pourrait aussi résoudre pas mal de problèmes. Tout ce que les élus ont à faire c’est attendre qu’il y est un endroit où se cacher dans l’espace et laisser le bordel faire le reste. Là où il faut. Ils reviendront quand les équipes de nettoyage auront nettoyé les ossements. »