Christian Bobin, il y a plus de quinze ans, savait déjà où nous allions :

« Les premières fissures dans la digue sont apparues il y a longtemps. Elles sont d'abord passées inaperçues puis elles se sont élargies. Maintenant, la digue a cédé et un torrent de boue envahit le monde. Nous n'en sommes qu'au début. Tout le mal qu'il est possible d'imaginer sera réalisé. C'est une lame de fond puissante sur laquelle personne n'a prise. Quelques-uns y trouvent leur jouissance, tressautant comme des bouchons en surface des eaux noires. Ce mouvement prendra du temps pour s'inverser. Une renaissance viendra, c'est certain, mais ni vous ni moi ne la verrons. »