Mercredi 5 décembre 2018

Je bois du marc, du bon marc, de la marque Jacoulot. Il est dix-huit heures. C’est un peu tôt pour le digestif, mais bon…

Le feu crépite, prend toute son ampleur de débutant heureux de vivre, heureux d’être un peu utile à quelque chose et, si je ne veux pas griller, je vais devoir bientôt reculer.

Depuis dimanche, le 2, depuis la guerre, je vous ai un peu abandonné. J’étais redevenu plasticien. C’est fou ce que le métier d’artiste peut prendre de temps. Du temps pour de rêver, pour ne rien faire, du temps pour rencontrer Dieu, ou des dieux, ou le Néant, ou d’autres choses que nous ne connaissons pas encore, peu importe. Vous comprendrez pourquoi j’apprécie Bobin et Léautaud, qui parlent très bien de ce temps particulier, aussi nécessaire que l’air et la nourriture pour d’autres.

Après l’enduit et la peinture, j’étais dans la photographie. Trente photos, sur quarante six, ont été tirées. Et il y a un chef-d’oeuvre. Un chef-d’oeuvre qui ne durera peut-être pas, mais qui est là. Et, sur le lot - qui n’est pas mal du tout - qui sait s’il n’y en pas d’autres qui se cachent, naîtront plus tard ?

Bref, vous l’avez compris, je suis ce soir un artiste heureux de son travail, heureux de sa vie et, quand je suis heureux, ému et plein d’espoir, concernant cet avenir d’artiste, je bois.

Je crois que c’est c’est une forme de chamanisme.

Les chamans prenaient des trucs pour voir, non ?

Bonne soirée !