Depuis hier je médite chaque jour ou presque pour savoir ce que je dois faire.

Je crois qu’une fois de plus, je me suis emballé.

Pour croire en mes chances d’artiste, après ma première expo photo, qui est venue naturellement, je me suis dit que je ne me sentais pas photographe mais plasticien. Je me suis mis à faire des figurines en terre. Je suis allé dessiner des nus. La photo, c’était trop facile, ça ne me prenait pas assez de temps et d’énergie, ne m’occupait pas suffisamment l’esprit. Je vivais on ne peut plus normalement et faisais des rencontres, des rencontres parfois extraordinaires, avec des images, des merveilles que je tentais de transformer en images. C’était facile. J’avais toujours mon téléphone avec moi et, grâce à l’appareil photo qui s’y trouvait intégré, je tentais de garder en mémoire un souvenir de ces rencontres. C’était vraiment trop facile, me disais-je, et pensais que pour être un « vrai » artiste, je devais peiner, travailler, parce que j’avais appris à vire de cette façon : peiner, travailler. Je le ressentais bien en apprenant à dessiner. C’était difficile. Le problème, le doute, c’est qu’en dehors des séances de modèle vivant, je ne travaille pas, je ne dessine pas, car a priori ça ne m’intéresse pas. En conséquence, je me dis que peut-être je me trompe, que mon destin n’est peut-être pas de dessiner, de faire des sculptures, mais de me laisser vivre en faisant des photos chaque fois que j’en ai envie, d’apprendre à vivre, grâce à ces photographies, au milieu d’une nature merveilleuse, aussi extraordinaire et merveilleuse que tous les musées du monde, toutes les galeries d’art du monde. C’est pour cela que je dois méditer, pour vérifier si je ne ferais pas mieux de me laisser vivre sans efforts particuliers, entre les photos, le bricolage et le jardin, en attendant de changer d’adresse, de créer ma micro-entreprise, d’artiste d’un côté, d’homme à tout faire de l’autre.