Lundi 22 octobre 2018

Ma vie de provincial s’organise. Cela doit faire la cinquantième fois que je le dis mais, c’est très net, je suis plus heureux ici, à la campagne, qu’en région parisienne. J’ai l’impression que je vais devenir, petit à petit, un heureux artisan, gagnant sa vie comme il l’entend, en ne faisant que des choses ou presque qui ont du sens, qui sont nécessaires, au moins pour ma survie.

J’ai écrit à Pôle emploi et pense que je ferai mon stage d’information, dans l’optique de créer une micro-entreprise, à Bobigny. Ce sera du temps de gagné avant ma domiciliation ici, à Vézelay - et ce sera plus pratique que d’aller à Auxerre tous les jours pendant une semaine.

Je n’ai pas encore trouvé mes marques, mon rythme, entre les choses nécessaires (qui ne m’apparaissent pas ici comme des corvées) et le travail artistique. Mais j’ai bon espoir que tout cela s’imbrique et s’harmonise afin que je m’organise mieux, trouve du temps et de l’énergie pour tout. Sensation d’être encore dans un entre-deux, entre deux vies.

Dans deux semaines, le 3, Mirabelle fera ici un concert de rodage. J’en profiterai pour exposer de nouvelles photos, une dizaine, sur l’un des murs de sa salle de piano. J’ai hâte de les voir, hâte d’aller chez P. les faire naître.

Côté dessin, je suis assez peu actif, même si je me rends ce soir à une séance de modèle vivant. J’ai cru sentir, avant hier, qu’il me fallait dans ce domaine une direction de travail autre qu’ « apprendre à dessiner correctement ». L’idée que me trotte dans la tête est de faire un portrait, une icône sans dorure, sans Christ, sans Sainte Vierge, au crayon, très simple, un mélange des visages de Matisse, de Modigliani, et de ce que l’on ressent face à une icône.