Dimanche 9 septembre 2018

La nuit porte conseil.

Je ne me suis pas envolé après avoir lu les mots d’A. J’ai continué à m’occuper du jardin. Mon coeur lui s’est envolé mais je l’ai laissé faire. Il papillonnait ici et là, gazouillait, tandis que, le plus sérieusement du monde, je continuais à tailler, nettoyer.

Quand il est devenu trop pénible, j’ai pris mon téléphone pour écrire quelques lignes dans ce journal. Ça l’a calmé un moment. Ensuite, je me suis mis à penser à ce que je pourrais répondre à une telle carte postale. Il est alors devenu sage, s’est mis à m’écouter.

Et puis, comme je l’ai déjà dit, la nuit porte conseil. Il s’est endormi paisiblement, à sa place, dans ma cage thoracique, au chaud entre deux poumons qui, à force de se gonfler et de se dégonfler, étaient devenus des maîtres de la méditation et de l’au-delà.


***

La semaine dernière, dimanche dernier, j’avais enfreint le règlement : je n’avais pas fait sortir de terre de déesse, sainte ou fétiche. J’étais avec mon frère -cadet - dans l’ancienne maison de nos grands-parents maternels. Tout en étant sobre, il buvait du vin blanc comme de l’eau. J’étais sobre moi aussi. Je l’accompagnais comme je pouvais, en buvant un minimum.

Impossible dans ces conditions de faire une sculpture dimanche soir, de retour à Vézelay, où j’ai bu un minimum, avant de me coucher.

Un peu chamboulé lundi - la famille, ça chamboule toujours -, je suis remonté à Noisy. Noisy où je n’avais plus envie de vivre. Noisy qui me rappelait le boulot et toutes sortes de tracas. Pas la tête à l’art.

Tout ça pour vous dire que ce week-end, ce dimanche, aujourd’hui, il n’était pas question de déroger.

Le modèle de départ était Charlize Theron dans la pub Dior. Elle faisait une entrée fracassante dans un endroit luxueux. Ça allait parfaitement pour ma déesse des lettres que je comptais créer.

Et j’y suis arrivé ! On était bien loin de Charlize Theron mais, malgré tout, assez proche des gens tordus, abîmés et mal-foutus que peuvent être les écrivains, et toutes celles et ceux qui sont assez folles et fous pour se frotter à cette bizarrerie et mystère appelé ART.