Mercredi 25 août 2010

Retour à Noisy. Je suis assommé, fatigué comme si j'avais bu. Hors, je n'ai rien bu. Seulement un américano hier soir.

Après une belle visite à Morandi à Toulon, courte et sage soirée avec Matine dimanche soir. Elle travaillait le lendemain. Il était hors de question de boire ou de se coucher tard. Deux bouteilles de champagne malgré tout. Sur le chemin du retour, je n'avais pas envie d'aller voir Van Gogh à Arles ou à Saint Rémy de Provence. J'avais ma dose de peinture et d'émotions. J'avais envie de rentrer chez moi. On a donc pris l'option autoroute et, pour couper nos 930 kilomètres de voyage, j'ai proposé à Franck de faire une halte chez Bobin, au Creusot, et de lui faire visiter accessoirement Montceau les Mines, la ville où s'est construite ma vie d'adulte.

Samedi soir, la maison étant vide, nous avons profité de la grande chambre de Martine. Chambre hollywoodienne avec une grande salle de bain ouverte. L'occasion de réaliser l'un des fantasmes de Franck: l'amour dans la baignoire (dont je garde un bon souvenir). Le lendemain, après Morandi, un autre fantasme: l'amour dans la piscine. Pas désagréable encore une fois, même s'il s'agit d'une pratique qui demande de l'expérience. Si nous devons le refaire un jour, nous nous y prendrons différemment.

Je raconterai la suite demain, si j'ai le courage. Pour l'heure, je suis trop à côté de mes pompes, de mes émotions, de ma vie - à côté de tout.

Jeudi 26 août 2010

Avant, naïvement, je pensais qu'avec une belle vie, épanouie, un travail psy au besoin, je pourrais me retrouver un jour détendu, à l'aise avec l'ensemble de ma vie, de l'enfance à aujourd'hui. Mais cette expérience de visite à Montceau les Mines m'a appris (une fois de plus) que ce ne sera pas possible. Il y aura toujours des situations, des lieux, des personnes que je devrai éviter. C'est ainsi. Cette fragilité en moi, cette malformation psycho-affective, me l'imposent. La dernière expérience de ce genre: Véronique qui me demande des nouvelles, le prouve encore plus.

Mauvaise journée hier donc. Franck travaillait à sa maison de campagne: jardinage et courrier. De mon ôté, je me suis activé à diverses choses - des choses que j'appelais avant les affaires courantes, ces choses qu'il faut faire même quand on n'a pas envie de les faire, pour aller bien, pour que la vie aille bien. Je me suis appliqué à ne pas trop fumer aussi. J'ai vu mon fils, un tour à Paris pour acheter du matériel d'escrime. Mais j'ai fait tout cela comme un zombie, sans goût, jouant la comédie et résistant à l'appel du vide et du laisser-aller. Je suis malgré tout heureux de ne pas m'être laisser aller, même si j'ai fait passer une mauvaise soirée à Franck.

On s'est retrouvé vers 20h. J'étais impatient de fumer et de boire. Et bien sûr, pas trop attentif à sa personne. Je ne pouvais pas l'être. Un zombie ne peut pas être attentif à qui ou à quoi que ce soit. Toujours raisonnable, je n'ai pas pris d'américano de peur de me saouler. Mais j'ai bu rapidement du vin rouge (le vin de Touraine de mon ami Trottignon). Ensuite, dès la fin du repas, sentant que j'avais ma dose d'alcool et qu'il ne fallait pas tenter le diable, je suis monté me coucher. Quelques pages de Léautaud et je me suis endormi.

Franck a passé une mauvaise soirée pour plusieurs raison. Moi peu attentif, je l'ai déjà signalé, puis mon attirance pour notre belle propriétaire qui est venue discuter avec nous de différents points concernant notre emménagement (prévu en septembre) dans la petite maison de la Grenouillère. Il m'a vu réveillé avec elle, plein de désir alors que j'étais avec lui éteint. Et bien sûr, cela ne lui a pas plu. Il me l'a dit ouvertement. J'ai répondu, en mentant inconsciemment, qu'il s'agissait de politesse. Nous nous sommes un peu fâchés. De la même façon que le passé, certains lieux ou certaines personnes, je dois me méfier de mes emballements pour les belles femmes mûres: Isis, Martine, Zéhia... Car ce n'est pas bon du tout pour ma santé. Du coup, j'ai eu le lit pour moi tout seul. J'en ai profité un peu en allant à droite à gauche durant la nuit. Mais j'aurais préféré que Franck soit là. J'aurais préféré surtout que nous ne soyons pas fâchés. Au matin, je me demandais où il était. La chambre de Wilfried, où je pensais qu'il avait dormi, était vide. Vraiment fâché et reparti à la campagne? Je suis sorti pour voir si sa voiture était là. Elle était là. J'ai fini par le trouver dans une chambre du premier étage - anciennement celle de Jonathan. Je lui ai fait un bisou pour me faire pardonner et je lui ai dit que je lui laissais les clés. Et je suis parti écrire.

Pour positiver un peu, je dois signaler que j'ai déjà retrouvé mes esprits, que je me sens à nouveau à peu près normal. J'ai donc bien fait de m'activer hier et de ne pas trop me saouler. Vais continuer d'être sérieux comme ça et éviter de faire du mal à Franck. Eviter surtout de mettre les pieds là où il ne faut pas. Et notre séjour chez Christian Bobin, je le raconterai dans une autre vie.