Houellebecq, Giacometti, Franck masochiste, déclaration d'amour, somnambulisme
Par sanieptia le mercredi 25 août 2010, 13:26 - Journal - Lien permanent
Vendredi 20 août 2010
La bonne nouvelle du jour est que Houellebecq va sortir un livre. J'ai vu ça sur internet ce matin en allant jeter un oeil sur ce que nous proposait la rentrée littéraire. Dès le 8 donc, un mercredi, j'aurai de la lecture. Cela me changera de Léautaud et de Bobin.
Ecriture hier matin. Je suis vraiment accro à cette activité. Sans elle, ma vie ma paraît vide, inutile. Des courses ensuite pour préparer un bon repas à la troupe. Un déjeuner léger et nous filons à Saint Paul pour voir Giacometti. Il nous attend, fidèle au poste. Jeune et solide, plein d'énergie vitale. Franck, qui ne le connnaissait pas, a été touché. Cela m'a rendu heureux. Bouffe annulée le soir, les autres étant de sortie. Nous mangeons simplement, un peu comme le midi, et nous buvons - un peu. Avant le retour des autres, nous allons faire un câlin. Franck a des envies masochistes. Il veut que je lui griffe les fesses. Il veut jouir en ayant mal. Je fais ce que je peux mais ça ne me plaît pas trop. J'ai l'impression que si je lui obéis mes ongles, qui sont longs en ce moment, vont lui rentrer dans la chair comme des lames de couteau. Et ça ne me plaît pas. Je crois que je vais lui fouetter le cul un de ces jours avec une baguette, l'élargir avec un gode avant de le prendre. Après ça, je pense que je n'aurai pas trop à forcer au niveau des griffures. Quand nous entendons les autres arriver, nous descendons. Encore quelques verres, quelques rires, mais tout le monde est fatigué est nous nous retrouvons vite seuls. Fidèle à mes bonnes résolutions, je suis resté au vin rouge. Franck, lui, a attaqué le Cointreau. Ca lui a un peu décolé le cerveau. J'ai envie d'aller me coucher. Lui veut rester encore un peu. Je lui demande si ça va aller. Ca va aller. C'est étrange mais on dirait que les rôles se sont inversés. Lui qui habituellement est sous contrôle, se lâche sur l'alcool. Et moi, qui vomi au lit, qui dérape souvent, je suis sage.
Samedi 21 août 2010
Repas d'adieux hier midi. Martine, notre belle hotesse, part en week-end. Chez son chéri d'abord, puis à une fête de famille. Champagne, perche, Chablis. Franck est un peu grognon, ce qui est compréhensible puisqu'il s'est levé à 13h. Moi, toujours raisonnable, j'étais sorti du lit à 9h. J'étais allé écrire au village avant de faire des courses complémentaires. De retour à midi, avec les autres, je me suis occupé du repas. Franck dormait toujours. J'ai pensé qu'il fallait le laisser récupérer. Nous sommes seuls ensuite dans la maison. Nous nous baignons nus et nous pissons dans l'herbe. Franck m'avoue son fantasme de faire l'amour dans la piscine. J'en prends bonne note mais ne me sens pas pressé de lui offrir ce plaisir. Un repas simple le soir arrosé de vin rouge. Une liqueur à trente degrés ensuite. Avec beaucoup d'eau à côté pour ne pas être saouls. Quand nous n'avons plus de cigarettes, nous allons nous coucher. Encore une belle soirée. Je lui ai parlé de Houellebecq, de littérature et d'art en général. Ca m'est monté un peu à la tête: petite phase de mégalomanie, comme quoi je suis l'égal de tous ces grands artistes. Ce genre d'envolée me laisse toujours un petit quelque chose de désagréable le lendemain. L'après-midi, Franck m'avait envoyé ce texto: "JE T'AIME". Je n'y avais pas répondu mais j'avais pensé que je ferai. C'est durant la soirée, aidé un peu par l'ivresse, que je lui ai répondu. Il en a été ému aux larmes. Nous nous serrés l'un contre l'autre. Il m'a dit qu'il se souviendrait longtemps de ce 20 août 2010.
Il s'est passé quelque chose d'étrange cette nuit, alors que je n'étais pas saoul puisque j'étais clair ce matin quand le réveil a sonné à 9h (alors qu'on s'étaient couchés à 2h30). Franck me l'a raconté ce matin avant que je ne me mette à écrire. Il s'est réveillé dans la nuit et m'a vu debout en train de pisser dans la chambre. Il m'a demandé ce que je faisais et je lui ai répondu, le plus naturellement du monde, que je pissais. Je ne me suis pas "réveillé". Je n'ai qu'un vague souvenir de flaque d'eau, de pisse ou de pluie, comme dans un rêve. Ensuite, j'ai voulu descendre. Il m'a accompagné dans l'escalier. Il est allé aux toilettes. Je suis allé dans le jardin. Il m'a dit en que je voulais retirer la clé de la porte après être entré, que je n'y arrivais pas, que cela m'énervais, que toute cette scène de pisse dans la chambre avec la descente au jardin avait bien duré dix minutes. Je ne me souvenais de rien (à part cette vague image de flaque d'eau ou de pisse). En remontant dans la chambre après le petit déjeuner, j'ai vu une tache sur le revêtement de sol en cordes tressées. Je n'ai pas fait le rapprochement avec la flaque entrevue cette nuit. Il m'est arrivé d'être très saoul, de ne pas me souvenir pas de la fin de soirée, mais là, la situation n'avait rien à voir. Etrange somnabulisme donc. Vais malgré tout continuer de faire attention à l'alcool, car nous avons pas mal bu depuis notre arrivée dimanche. Cette histoire me chagrine parce que ces derniers temps, j'arrivais très bien à rester lucide, à ne pas trop boire. Je trouve que ce n'est pas une belle récompense pour ces efforts.