Mercredi 4 août 2010

Lundi matin, je suis allé écrire au café, puis nous avons déjeuné. L'après-midi, une belle promenade le long du canal. Je ne trouve pas ça très gai un canal. Mais c'était plaisant d'être là avec mes parents. Comme je l'avais déjà remarqué au mois de mai, ils semblent mieux s'entendre, se respecter. J'ai noté de nombreuses marques d'attention, voire d'affection, entre eux. Au point que je les soupçonne d'avoir à nouveau des rapports sexuels. Je ne sais pas quel genre de rapports, mais quelque chose a changé, c'est certain. Ils ont 73 ans. S'ils continuent comme ça, ils vont avoir une belle fin de vie. Je les ai quittés mardi un peu avant dix heures. J'étais chez moi à 13h30. Franck m'a rejoint à 14h. On avait prévu de se voir en fin d'après-midi, pour que j'aie le temps de m'y retrouver, ranger mes affaires, m'occuper de mon écriture. Mais, sur la route, à 150 km de Paris, j'ai changé d'avis. J'ai senti que si je débarquais seul au château, j'allais faire n'importe quoi, c'est-à-dire ne pas me nourrir et ne rien faire ou presque, ou boire. Lui, impatient de me retrouver, n'a pas tergiversé. J'étais heureux de le retrouver. J'avais préparé un bon repas et il me restait une bouteille d'Anjou. A 15h30, une sieste digestive s'imposait. Je suis allé prendre une douche, me raser partout où il fallait et nous avons fait l'amour. C'était toujours aussi bien. Même si je ne pouvais me lâcher comme avant, comme il y a un an, ma lutte contre l'alcool ne me permettant pas de me lâcher. Il va me falloir patienter un peu avant de retrouver plus de liberté de mouvement. Et il y a toujours mon homophobie latente, le manque de femme, l'anxiété de la vie commune qui nous attend au début du mois de septembre. Un tour de vélo après la sieste pour lui, du rangement et un travail de correction de mon écriture pour moi. Une bouffe toute simple le soir, pas trop arrosée. Je me suis couché tôt, comme si ce séjour chez mes parents m'avait assommé. Même s'ils vont mieux, même si l'ambiance est meilleure, même si je me sens mieux avec eux, je ne peux m'empêcher d'être plombé après les avoir vus. J'en récolte toujours un brouillard qui me fait voir la vie en gris, un brouillard dont je ne peux me défaire et qui empoisonne mes nuits. C'est mon affaire maintenant. Je vais devoir m'y habituer. Parce que je ne vais pas retourner chez ma psy pour ça. Je crois que je suis allé au bout avec elle et je ne me vois pas passer ma vie sur un divan. Franck m'a rejoint peu après et nous avons été sages. Nous nous sommes endormis. Une longue nuit. Avec un manque d'eau et un désagréable mal de crâne pour moi, comme si je ne supportais plus l'alcool. Au matin, des progrès notables sur ce que j'appelle mon homophobie: j'ai apprécié la présence de Franck dans mon lit, je suis même allé plusieurs fois le chercher pour avoir un peu de chaleur, de tendresse.