Samedi 24 avril 2010

Je fais souvent trop de cas de la brume qui m'envahit le matin. Je devrais attendre qu'elle se dissipe avant de m'inquiéter.

Dimanche 25 avril 2010

Je me suis remis à fumer et cela m'énerve. Mon nez se bouche. C'est très désagréable. Mais ce qui m'énerve encore plus, c'est d'être déjà en échec, six mois après avoir arrêté. J'espère que j'aurai le courage lundi matin d'arrêter pour de bon. Parce que la solution intermédiaire utilisée par Franck - patch le matin et très peu de cigarettes ensuite - ne me conviendra pas. A coup sûr, Je replogerai.

Un très beau film de Coline Serreau hier. Solutions locales pour un désordre global. Aussi bien que Let's make money, dans un style différent. Le genre de truc qui ne va pas me réconcilier avec le genre humain. Je me sens bien petit avec mes écrits. Pourtant, dans mes rêves, ces écrits sont sensés aider à l'avènement d'une humanité nouvelle.

J'aimerais écrire des textes qui seraient un mélange de contes de Voltaire et de poèmes en prose de Baudelaire, le tout agrémentés de la profondeur des non-dits de Bukowski. Au-lieu de cela, je vais me contenter de tenir ce journal.

Lundi 26 avril 2010

Je recommence à travailler aujourd'hui à 14h. Le réveil a été difficile, à 6h. Un peu trop de whisky hier. Deux avant le dîner, chez Franck, pour me donner le courage d'appeler ma soeur. En revenant des Alpes, nous sommes passés à côté du mont Salève et ce nom m'a rappelé quelque chose. Je me suis souvenu que ma soeur y été allée en colonie de vacances. Et je lui ai envoyé un texto. J'avais prévu ensuite de l'appeler le soir pour lui demander des précisions: était-elle accompagnée de mon frère aîné? quel âge avaient-ils? Si je le sentais, j'allais aussi l'informer de ma relation avec Franck, tâter le terrain par rapport à mes parents. Le whisky m'est monté très vite à la tête et le coup de fil s'est bien passé. Elle m'a dit que ce séjour l'avait en partie traumatisé à cause d'un abruti de moniteur s'amusait à laisser les garçons regarder par-dessus le mur de la douche des filles. Du coup, elle ne voulait plus prendre de douche. Elle a découvert aussi pendant ce séjour qu'elle aimait bien les chips et les picnics mais pas la randonnée. Ils avaient six et sept ans, mon jeune frère venait de naître, j'avais quatre ans. Je pense que c'est pour cette raison qu'ils étaient allés en colonie de vacances, pour le repos de ma mère. Quand je lui ai parlé de ma vie avec Franck, elle m'a dit qu'elle s'en doutait depuis mon voyage aux Açores. Je lui ai précisé qu'il ne s'agissait pas de Bertrand. Concernant mes parents, elle m'a conseillé d'attendre un peu. Une opération du sein et des rayons pour ma mère cet automne, une coloscopie aujourd'hui. Je vais laisser passer une semaine ou deux, mais pas plus, car je ne veux qu'il y ait de quiproquos avec mon fils lors de notre séjour chez eux à la mi-mai. Je pense que ce sera facile avec ma mère, parce qu'elle est maligne et doit déjà s'en douter. Avec mon père, par contre, ce sera plus compliqué. J'aurai peur de lui faire du mal. Un Gigondas à table et un dernier whisky après l'amour. Cela a suffit pour me faire une tête lourde au réveil.