Dimanche 21 mars 2010

Je me suis libéré d'une partie de mon fardeau hier en avouant à Franck que notre projet galerie d'art je ne le sentais plus tellement parce que nous avions des goûts trop différents. Nous avions visité l'après-midi Art Paris, une grande expo ressemblant à la FIAC, et la plus belle des pièces que j'y avais vues était un Aléchinski récent, de forme ronde, avec quelques taches rouges à la périphérie et un volcan en noir et blanc au milieu. Tableau qui avait laissé Franck complètement indifférent. Lui préférait l'abstraction des années cinquante, des tableaux que je trouvais pour la plupart moches et sans intérêt. Bref, cela avait confirmé ce que je m'étais dit après son séjour à Pont Aven quand il était revenu avec des images de peintures et de sculptures qui lui avaient plu là-bas. Pour que le coup ne soit pas trop rude et parce que c'était vrai j'ai immédiatement ajouté que je restais partant pour un autre projet professionnel avec lui. De son côté, il m'avait parlé sur la route en rentrant de Paris d'une nouvelle idée qui serait d'associer la galerie d'art à un café. Le temps d'en parler nous étions déjà à Noisy et, dès le début de l'apéro, je lui ai balancé ma mauvaise nouvelle.

J'ai appris aujourd'hui qu'il avait été effectivement affecté mais qu'il ne l'avait pas montré pour ne pas gâcher la soirée, et qu'il s'était immédiatement mis à chercher d'autres possibilités de faire quelque chose ensemble.

Vendredi soir - c'est amusant parce qu'en ce moment je relis chaque jour ce qu'il s'est passé il y a un an - je suis allé avec Franck voir un concert à La Ferme du Buisson. Le même genre de concert où j'ai vu General Elektriks, il y a un an jour pour jour. Ben l'oncle soul suivit de Smooth. Ben très bien dans les reprises mais un peu juste dans ses propres compositions. Quant à Smooth, ils m'ont passionné pendant trois titres, ensuite, j'ai trouvé cela moins bien, répétitif. Art Paris samedi puis apéritif puis déjeuner tardif et arrosé. L'arnacoeur ensuite puis apéritif, filet mignon réussi, fin du Saint Nicolas et début du Côte de Blaye, fin du côte de Blaye et gentille soulographie pornographique dans la chambre à base de Get 27, l'alcool préféré de Franck qui tape moins sur la tête que le whisky. N'empêche que ce matin, on avait tous les deux mal au crâne. Mais rien de catastrophique. Après une douche, une promenade, un apéritif et une assiette de riz, tout était rentré dans l'ordre. Tout ça pour dire quoi? Rien. Tout ça pour m'assurer que ma mémoire fonctionne. Et, comme elle fonctionne de moins en moins bien, dans un an, je pourrai ainsi savoir ce que j'ai fait ce week-end-là.

Bref, encore un grand moment avec Franck, parce qu'avec l'alcool j'ai pu me lâcher et redevenir la petite salope qui aime les choses du sexe. Je n'ai plus peur de l'alcool en ce moment. Je sens que cette drogue ne m'aura jamais et qu'il faut j'arrête de me stresser pour rien. J'ai de moins en moins peur de l'homosexualité aussi. En faisant l'amour, ou après, je me disais que jamais une femme ne pourrait me faire vivre ce que je vis avec Franck, ce plaisir si particulier qui fait que je me sens femme. Pour finir, la meilleure nouvelle, la dernière idée de Franck: un café à Paris. Je suis enchanté de cette idée. Je me vois tout fait dans ce café et cette nouvelle vie. Comme on l'avait dit au début de notre rencontre: les plus belles années de notre vie. Moi en sécurité avec lui, enfin posé, concentré sur notre affaire et notre relation et assez tranquille pour écrire un peu. Moi, le sauvage, le timide, enfin heureux au milieu des autres humains par le simple fait que je serai derrière le comptoir et que je partagerai, échangerai quelque chose avec eux.