Voyage, méditation
Par sanieptia le samedi 20 février 2010, 19:01 - Journal - Lien permanent
Vendredi 19 février 2010
Franck est venu me dire au revoir hier soir. Je n'avais pas envie de lui - pas envie de faire l'amour pour être plus précis. Je coinçais en fait. Je l'ai su quand il m'a un peu poussé à m'exprimer. J'étais plus à l'aise qu'avant avec lui, question tendresse, en revanche, je ressentais beaucoup plus de freins au niveau sexuel. C'est à peu près ce que je lui ai dit, que j'étais dans une phase câline, nouvelle pour moi, qui semblait incompatible avec le sexe. J'avais changé. C'est lui qui me le disait. Et il me préférait maintenant, même si on faisait moins l'amour. Après nous être racontés tout cela, on s'est remis à essayer de dormir. Mais ça sentait l'insomnie. Je le lui ai dit. J'étais sur le ventre. Que s'il voulait me lécher le cul, cela m'exciterait probablement et qu'ensuite il pourrait me pénétrer. Finalement, ce sénario était un peu court pour lui. Il est passé de mon cul à mon sexe et j'ai fini, après lui en avoir demandé l'autorisation, par jouir dans sa bouche pendant qu'il aspergeait les draps.
Drôle de coincidence. Je viens de croiser Frédéric. Celui qui s'appelle dans ce journal: "mon amant d'il y a dix ans". Le temps passant, cela doit faire plus de dix ans maintenant, et je pourrais aussi l'appeler: ma première expérience homosexuelle adulte - les autres ayant eu lieu durant l'adolescence. Il n'a pas changé. Plutôt beau garçon. Mais nous n'avons rien à faire ensemble. Il a trouvé son Franck il y a bien des années et ils vivent ensemble. Moi, je viens de trouver le mien. Une partie de jambes en l'air? Il aimerait bien mais il trouve que c'est impossible à organiser. Pour moi, cela n'a pas d'importance. Son Franck ne serait pas au courant mais le mien si, parce que je n'aime pas cacher les choses et parce que je tiens ce journal. Nous avons bu un café ensemble, une demi-heure, et puis l'on s'est séparé. Deux semaines de cours pour lui à Casablanca, une semaine pour moi à Tunis.
Quand on est en voyage, comme je le suis aujourd'hui (je suis au-dessus de la Méditerranée) cela semble évident de méditer. J'ai commencé à 11h, en m'éloignant du château et en faisant rouler ma valise sur le goudron pour rejoindre la gare du RER. Je suis entré dans l'aéroport d'Orly à 12h30, après m'être amusé du train appelé Orlyval. Un train spécial desservant les aérogares d'Orly sud et ouest à partir d'Antony. Tellement spécial qu'il ressemble à un jouet. C'est ce qui m'a amusé. D'avoir l'impression d'être à l'intérieur d'un jouet. C'était la deuxième fois que j'utilisais ce train mais la première fois que cela me faisait cet effet. D'ailleurs, je me demande si la première fois ce n'était pas au retour de Tunis justement il y a trois ans. Bref, mis à part l'intermède d'une demi-heure avec Frédéric, cette journée ressemble une longue méditation.