Vendredi 4 décembre 2009 - 06h45

Ma nouvelle vie commence par une épreuve.

Isis, l'amour que je lui porte, serait un amour incestueux, avec ma mère. Lucky, qui m'a longtemps mis en panique par son autorité, impressionné par son côté mâle dominant, correspondrait à mon père. Dom, avec lequel j'ai voulu être ami, serait mon frère aîné, presque jumeau, qui a décidé de continuer sa vie sans nous - la famille d'enfance. Dans l'amour que je porte à mon fils, il y en a une part qui ressemble à celui que j'éprouve pour mon frère cadet. Ma soeur? Je ne sais pas trop où elle se situe. C'est ma soeur. Je n'ai pas eu besoin de la remplacer. Elle m'a trahi et je crois que j'ai pris définitivement mes distances avec elle. Et je n'en souffre pas. Cela me fait penser à ma mère, qui m'a trahi elle-aussi mais que je n'ai pas "grillée" comme ma soeur. Peut-être que cela fait partie de mes souffrances, de ne pas avoir tranché? Le cul entre deux chaises, les faux-semblants qui s'ensuivent, ce n'est pas très bon pour la santé. Peut-être devrais-je lui parler de cette histoire de trahison? Mais j'ai peur de lui faire du mal. Je vais noter cela quelque part pour ne pas l'oublier et demander son avis à ma psy quand je la reverrai.

Hier, suite à un rêve, j'ai décidé de changer tout cela, de ne plus mélanger les gens et les sentiments, de remettre les choses à leur place.

Pour conserver un peu d'assise, n'être pas trop perdu, je me suis dit qu'il allait être nécessaire de remplacer ces proches. Pour mes parents, naturellement, j'ai trouvé le ciel et la terre, l'univers, la nature, sans distinction de sexe. J'ai pensé que cela les rendrait plus présents, comblerait avantageusement le manque que je ressens. Pour mes frères et soeurs, ce fut encore plus simple. Comme dans la religion de mon enfance, j'ai décidé que mes frères et soeurs désormais seraient tous les humains de la terre - dont certains, bien sûr, seront plus proches que d'autres. Je vais essayer. On verra bien ce que cela donne. Parce que vivre sans amour, ce n'est pas évident. Je pense même que ce n'est pas possible.