E-mail à Isis, envoyé à 21h15 jeudi :

Je t'ai écrit hier. Grossièrement, sur mon carnet, un brouillon. Cela fait plusieurs jours que ça me démange.

Pour te dire quoi ?

Plus ou moins ce que je t'ai dit dans le dernier e-mail (qui avait le format d'un texto et que je t'ai envoyé dans la nuit de vendredi à samedi).

En fait, je crois que j'ai besoin de dire ces choses avec plus de mots.

Tu me manques. Tu le sais. La relation que j'avais avec toi me manque. Et, même s'il s'agit d'une fixation de ma névrose sur ta personne, sur la relation que l'on avait tous les deux, il n'empêche que je ressens, en attendant, des choses très désagréables. Honnêtement, je pensais que cela passerait plus vite, qu'on pourrait plus rapidement des rapports normaux de gens qui travaillent en semble, peut-être d'amis, et, pourquoi pas, d'amants occasionnels. Hélas, tout cela est bien impossible.

La seule solution que j'ai, pour l'instant, est de t'éviter. De te regarder le moins possible. De penser à autre chose quand je pense à nous. Dans le boulot, on pourra se parler de choses concrètes, basiques, mais ça n'ira pas au-delà. Impossible par exemple d'échanger avec toi des impressions sur le spectacle qui vient d'être créé. Trop intime, personnel, émotionnel.

En même temps, le silence, ça n'a pas l'air de te déranger.

Si tu as un avis sur ce que je vis, un conseil - nous avons tout de même partagé une année -, dis le moi. C'est avec plaisir que je l'écouterai. Dans le cas contraire, je continuerai de supporter le silence, de souffrir en silence, jusqu'au jour, proche j'espère, où ce sera fini. Quand les sourires et la bonne humeur reviendront et qu'il n'y aura plus de silence. Bref, quand je serai guéri, libéré de cette affaire.

Je crois avoir tout dit. Vais relire ce que j'ai écrit hier dans mon carnet, au cas où j'aurais oublié quelque chose, et appuyer sur "envoi".

Je n'ai rien oublié, et ça se résume à : notre relation actuelle ne me plaît pas mais... comment faire autrement ? Le temps fera son œuvre. Cette histoire ressemble à un deuil. J'espère qu'on se retrouvera après, au moins en tant qu'amis. Voilà, tout est dit.

Si tu peux trouver un conseil, même à deux balles, un mot, cela me fera plaisir.

A bientôt peut-être,