Montparnasse, Montreuil, projet de lettre à Isis, journée de m..., bonne fête ! mémoire
Par sanieptia le vendredi 3 juillet 2009, 18:53 - Journal - Lien permanent
Vendredi 3 juillet 2009 – 17h55
Nous nous sommes levés à 10h dimanche. Son fils, 14 ans, débarquait à onze. Donc, je ne traîne pas. Je marche jusqu’au boulevard Edgar Quinet pour retrouver ma voiture. Légère angoisse. S’il y avait un marché le dimanche ? Si je n’avais pas vu le panneau ? Si ma voiture était à la fourrière ? Cela m’est arrivé une fois, à côté de chez Isis. J’essaie de ne pas trop m’angoisser, de ne pas en rajouter, en me disant que si ma voiture est partie, ce n’est pas parce que je vais me gâcher ce quart d’heure de marche qu’elle va revenir. Mais ça ne marche pas. Je suis angoissé et je marche vite. Je prends tout de même le temps d’acheter des cigarettes à la gare Montparnasse. Et puis j’arrive. Il y a un marché. Des œuvres d’art qui ne sont pas des œuvres d’art. Mais les voitures de chaque côté de la rue semblent être restées. Je reste malgré tout angoissé jusqu’à ce que je voie ma voiture, au niveau du cimetière. C’était mon quartier quand j’ai débarqué à Paris, il y a un peu plus de vingt ans. Je travaillais là, à côté. J’allais au Café du Gymnase. Et c’est là aussi que mon ami couvreur plombier philosophe – qui avait à l’époque l’âge que j’ai aujourd’hui – s’est fait assassiné. La veille, j’avais eu la mauvaise idée de vouloir me garer à Vincennes, en oubliant qu’il y avait du soleil et qu’on était samedi. Pas de place et je continue en direction de Paris. Seconde mauvaise idée. Embouteillages pour cause de Solidays. J’étais en retard pour retrouver Franck. Et heureux de trouver des places sur le boulevard Edgar Quinet. A la gare, prêt à prendre le métro, j’ai regardé la carte. J’ai décidé d’aller à pied jusque chez Georges. Je n’irai plus à Paris en voiture. Cela m’énerve trop, me gâche le plaisir.
Montreuil, 17h35, dimanche :
Je viens de voir deux vieux trop mignons (un couple, un homme et une femme). Aussi beaux que des amoureux à l’école maternelle, aussi « purs ».
C’est quand ils sont partis (ils étaient à côté de moi en terrasse), quand ils se sont parlés que j’ai pensé ça. Avant, ils avaient dû converser en silence, tellement habitués l’un à l’autre qu’ils n’avaient plus besoin des mots pour être bien ensemble, ou alors je ne les ai pas entendu parce que j’écrivais dans mon carnet à une lectrice.
Ai aussi écrit dans ce carnet, mercredi, un brouillon de lettre destinée à Isis. Ca disait un peu la même chose que mon dernier e-mail, mais avec beaucoup plus de mots. Si j’ai le temps et le courage ce week-end, si j’en ressens la nécessité surtout, je lui écrirai cette lettre.
Mercredi aussi :
Jamais de ma vie je n’ai eu autant de « bonne fête ! » Ca a commencé par Emilie, puis par sa mère. Ca a continué par mes parents, ma sœur. La secrétaire au boulot ! Bruno ! Franck ! Et même Cathy ! Je prends cela pour un signe. Le signe que je suis sur la bonne voie pour améliorer ma relation avec les autres. Seul mon fils m’a oublié. Et l’après midi, alors que nous passions ensemble un moment raté, je ne le lui ai même pas fait remarquer.
Cet après-midi raté, on pourrait l’intituler : A la recherche d’une piscine. Il voulait aller au Nautil, entre Pontault et Roissy, mais quand nous sommes arrivées, la piscine était tellement pleine de monde qu’ils n’accueillaient plus personne. On va à Nogent. Je suis heureux de pouvoir me garer pas loin, même si cela me coûte trois euros. Hélas, quand on se rapproche, on s’aperçoit qu’il y a cent mètres de queue avant de pouvoir atteindre l’entrée. On retourne chez nous, à Noisy. Piscine fermée pour cause de vidange annuelle. On tente Villiers. Au point où on en est, après-midi déjà gâché, si on peux se tremper une heure, ce sera déjà bien ! Pareil qu’à Noisy : vidange annuelle. Je lui dis que c’est un après-midi de m…, qu’on va essayer de remettre ça demain, que c’est peut-être parce que c’était mercredi qu’il y avait autant de monde au Nautil. Il est ok. Je le dépose chez lui. Il me dit qu’il va prendre une douche froide et nous nous sourions.
Jeudi 2 juillet
J’ai dit à ma psy hier qu’il fallait que j’arrête de regarder Isis, parce que je n’arrivais pas à la regarder comme une charmante collègue, et qu’en conséquence, cela me faisait mal.
Je l’ai regardée trois fois hier, dont une fois pour lui dire bonjour, et les deux autres fois, je ne me suis pas attardé.
Quand j’ai voulu envoyer un sms à Cathy hier, pour lui dire que j’allais à la piscine avec mon fils, mon téléphone n’a rien voulu envoyer. Il m’a dit que sa mémoire était trop pleine. J’ai viré quelques sms et je l’ai envoyé. Plus tard, dans l’après-midi, je lui ai dit que la piscine aujourd’hui, c’était la m…. Et le soir, en buvant mon rhum sur la terrasse, j’ai viré les 160 sms que j’avais envoyé et les 115 que j’avais reçu. En ai relu quelques uns d’Isis. Ai ressenti une sorte d’au revoir, ou d’adieu. La mémoire du téléphone est vide. Pas la mienne. Mais je me dis que ces deux actes : ne plus regarder Isis, et vider la mémoire de mon téléphone, auront peut-être un effet positif sur ma santé.