Lundi 8 juin 2009 – 9h30

Ca y est. J’ai enfin décidé que mon amour pour Isis était psychanalytique, névrotique, et que je devais passer à autre chose.

12h15

Isis est arrivée à 10h30, un peu après moi. J’étais en train de bricoler avec un collègue et c’était très bien. Son arrivée m’a surpris et je lui ai dit « bonjour » comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. J’ai fait ce que j’avais à faire ensuite et je suis rentré. Il va de soi que je ne l’ai pas trop regardée dans la matinée.

Je bois un second rhum. Ce n’est pas raisonnable le midi. Mais bon, c’est comme ça. Rhum encore hier soir, mais peu, et deux bières avant. Je me dis que n’ayant plus que 20 années à vivre, je peux bien être un gentil alcoolique qui contrôle son affaire pendant 20 ans.

J’ai mis un peu la méditation de côté ces derniers temps. Je l’ai remplacée par la lecture. Ai fini La consolante hier soir, vers 2h. Et hier, j’ai commencé Le hérisson. L’élégance du hérisson. Un livre que m’a prêté Isis il y a quelques mois. Pour l’instant, je n’y trouve pas mon compte – dans Le hérisson.

Mardi 9 juin 2009

Hier, je suis tombé. Ce n’est pas étonnant. J’ai arrosé mon changement d’attitude vis-à-vis de l’amour que je porte à Isis.

Deux rhums à midi (vous le savez) et puis, j’ai fait mon travail. Mais, dès que je l’ai eu fini, vers 16h, pour gérer ma gueule de bois et mes émotions, je m’en suis fait un autre, bien tassé, et puis un autre. Ensuite, je suis monté dans ma chambre et j’ai écrit. Avec un troisième rhum tout aussi largement dosé que les deux autres. Au bout d’un moment, je n’ai plus pu écrire. Mes mains sur le clavier faisaient trop de fautes de frappe et, quand j’essayais de les corriger, j’en faisais d’autres. J’ai dû aller m’allonger je pense mais je ne m’en souviens plus. Je me suis réveillé dans la nuit.

18h30

Isis est une charmante collègue de travail, et mon amour est « névrotique ». Voilà ce que je me dis en ce moment pour me remettre les idées en place.

Statistiques :

Com s’est énervé au début du mois : 44.1%. Contre 19.1 pour Net, 18.4 pour Numeric IP et 13.3 pour Fr. C’est mieux que le PS, dont je fais partie, aux élections européennes. Heureusement, Cohn Bendit, que je ne déteste pas, loin de là, fait un très beau score : 16%, égal à celui du PS. Tout n’est donc pas perdu dans notre veille démocratie. Parce seize plus seize égal trente-deux. Ce qui est largement au-dessus de notre vieil ami Sako.

Mercredi 10 juin 2009 – 12h00

J’ai été étonné ce matin de faire un bilan aussi positif à ma psy. Ca ne correspondait pas avec ma souffrance, ma difficulté de vivre en ce moment. Je m’écoutais parler et me disais : « Mais, finalement, tout va bien ! »

Ensuite, quand Isis est passée dans les bureaux sans prendre la peine de me saluer, ça allait beaucoup moins bien.

L’alcool n’arrange pas mes affaires non plus pour aller bien. Encore trois verres de rhum hier en écrivant mes malheurs. Le mardi, je rentre du travail à 22h30, et j’ai été étonné d’avoir envie d’écrire à cette heure-là. L’effet du rhum peut-être.

Maintenant – nous sommes en fin d’après-midi – je bois une deuxième bière pour ne pas déprimer. Il va falloir que je me remette en selle d’ici quelques jours, que je me re-discipline pour recrouver une vie saine et rythmée. Il falloir que je me nourrisse aussi, parce qu’hier, j’étais noué. Un demi-sandwich à 17h pour ne pas tomber pendant mes cours et l’autre moitié en buvant du rhum et en écrivant le soir. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour être solide, avoir un bon moral.

L’alcool, ça marche bien pour gérer la déprime : après une bière, je vais beaucoup mieux, mais ça marche à court terme, parce que ce soir, je replongerai, et donc, prendrai ma dose de rhum.

Si je continuais comme ça, je deviendrais alcoolique, avec la nécessité de boire du matin au soir, et de plus en plus parce que mon corps s’habituerait. Je finirais par me nourrir avec de l’alcool, par maigrir et ne plus pouvoir faire mon travail, par écrire n’importe quoi ou ne plus écrire du tout, le moral et le porte-monnaie ruinés.

Si l’on pousse le bouchon un peu plus loin, cela ressemble fort à une forme de suicide, de destruction. On vit sans vivre, à peine on survit, on refuse de vivre, on se tue sans avoir le courage de se tuer.

Bref, je m’autorise une forme de laisser-aller jusqu’à la fin de la semaine, et ensuite, je me transforme en moine bouddhiste.