Céline m’a fait rire
Par sanieptia le lundi 18 mai 2009, 19:14 - Philippe Sollers - Lien permanent
Sollers parle de lui dans Les voyageurs du temps.
Page 209 :
« Céline, en 1948, en exil au Danemark où il vient de passer 18 mois en prison dans le quartier des condamnés à mort, a la vison d’une « planète de fous homicides ». »
Page 210, après une introduction, il le cite. C’est cette citation qui m’a fait rire :
« Là-dessus, il reçoit des lettres sentimentales et vaguement jalouses de son amie Marie Canavaggia (qu’il aurait, dit-il, vite « déjalousée » autrefois en l’emmenant en partouze), et cela lui inspire cette lettre du 4 octobre 1948 :
« Chère Marie –
Je vous embrasse et n’en parlons plus – Tout ce cafouillage sentimental m’écœure, de vous, de tous, de toutes… Je n’ai qu’à en foutre bon dieu ! Je voudrais vous voir dans ma peau et mon état si vous iriez perdre une seconde à ces balivernes ! Une bite au cul la belle affaire ! Et bouffer depuis 5 ans du ciel ? Et pourtant pas lourd ! et dans ce climat horrible… et ne pas retomber en prison ! ah comme deux ans de prison vous feraient du bien, vous simplifieraient une fois pour toutes ! vous guérirait de cette manie d’arguties et de mots ! et de mandolines !
« Ramassez toute cette brocaille ! Que voulez-vous qu’un bagnard foute de votre guitare ! Je vous aime bien, mais pas dans cet infernal babillage autour du cul ! du cœur ! enfin de ce que vous voulez ! Soyez simple et sérieuse – Vous n’avez jamais même pressenti l’horreur de l’état dans lequel nous nous trouvons ! Vous n’avez pas d’imagination. Quand je serai retourné (si j’y retourne jamais) chez les libres, alors vous me reparlerez de ces histoires raciniennes… Conneries pures… Je serai redevenu con comme tous les gens libres – Mais dans le moment, elles me sont en horreur – »
Plus bas, page 211, c’est encore Céline qui parle :
« Priez le diable pour moi, il va plus vite que le Bon Dieu ! Tout le prouve. »