CIORAN

CAHIERS 1957-1972

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« Dans le livre de Foucault, il est question souvent de la « finitude anthropologique ». J’imagine l’effet que de telles formules peuvent faire sur les jeunes. Evidemment, ça fait plus calé que « misère de l’homme », « l’homme comme animal condamné », ou « la durée infime » de l’histoire humaine.

De toutes les impostures, la pire est celle du langage, parce qu’elle est le moins perceptible aux abrutis de notre temps. Il faut dire que Heidegger a ouvert la voie, et que, pour un philosophe, s’il veut faire l’expérience de l’ostracisme, s’il veut éprouver dans sa carrière ladite « finitude », il n’a qu’à rejeter le jargon et employer le langage courant, sensé. Le vide se fera automatiquement autour de lui. »