Pas de communication avec Isis, souffrance, alcool, sauna, pas envie de vivre vieux
Par sanieptia le dimanche 12 avril 2009, 14:29 - Journal - Lien permanent
Vendredi 10 avril 2009 – 16h30
Ai envoyé ce texto mercredi après-midi à Isis : « Il m’a semblé hier soir, quand tu m’as fait signe pour me dire au revoir, que tu avais envie de me revoir. Fais-moi signe quand tu veux. On se fera un resto. Biz ». J’espérais qu’elle me répondrait après 18h, après son cours. Mais, pas de réponse.
Hier, je l’ai appelée pour des raisons professionnelles. J’en ai profité pour lui demander si elle reçu mon sms. Elle l’avait reçu dans l’après-midi - avec 24 heures de retard. On a dit qu’on s’appellerait le lendemain, aujourd’hui. Elle n’a pas appelé. Je n’ai pas appelé.
Samedi 11 avril 2009 – 10h00
Second week-end sans Isis. Ca a l’air de mieux se passer que le premier.
Longue et agréable méditation dans le train Elbeuf-Paris hier matin. Deux bières le midi avant d’aller travailler. Et, au travail, ma présence n’est pas indispensable. On me libère. Je décide d’aller à Noisy donner le chèque mensuel à mon Ex, parce qu’on ne s’est pas vu mercredi avec mon fils, parce que je ne le vois pas non plus ce soir comme c’était prévu - parce qu’il est malade -, parce qu’ils partent en vacances demain et parce que mon Ex aimerait bien déposer le chèque à la banque avant.
Mon idée est d’aller chez le coiffeur, pour ne pas me déplacer uniquement pour le chèque. Mais mon coiffeur n’est pas là, il est en vacances. Une belle blonde à la caisse par contre. Elle a mon âge, ou un peu moins. Je me suis souvent demandé si je lui plaisais. On a bavardé quelques secondes et j’ai eu à nouveau l’impression que je lui plaisais. A moi, c’est sûr, elle plaît. Mais ça demanderait une confirmation. Confirmation que ma timidité a remis à plus tard. Et, quand j’y retournerai, ce sera peut-être la brune qui sera à la caisse, ou alors c’est moi qui n’oserai pas lui parler, c’est la vie…
Ensuite je rentre chez moi et m’occupe de mon blog et de ma littérature avec trois bières au café. J’hésite appeler Isis. On s’était dit qu’on s’appellerait. Je n’appelle pas. Elle n’appelle pas non plus. Deux autres bières chez moi et puis je mange. Je regarde Thalassa. Mohamed n’est pas là. Les Côtes d’Armor. Un endroit où j’allais souvent en vacances, enfant, à côté du Cap Fréhel. Et, un peu plus à l’ouest, le pays de mon Ex. Cela ne me fait pas mal de revoir tout cela. Au contraire. C’est très beau. Aussi beau que ce que j’ai vu à travers la fenêtre du train hier matin. Je me couche en sifflant ce qu’il reste au fond de la bouteille de Jack Daniel’s, en lisant quelques pages de Sollers, pas désagréables, qui parlent de la mère de Houellebecq, des mères de poètes en général, des mères et de la société…
Pour me donner un objectif ce week-end, j’ai décidé d’aller au sauna des Halles. La dernière fois que j’y suis allé, il y longtemps, je n’étais pas en forme. On verra ce qui se passera cette fois-ci. J’y vais ce soir et demain soir pour bénéficier d’un tarif intéressant. Le thème de ces trois jours, puisque lundi est férié, sera donc la méditation et le sauna gay. Et Villa Amalia lundi, dont le thème me touche, et parce que j’ai toujours aimé Isabelle Huppert.
Je ne suis plus un jeune-homme (on m’appelle toujours « jeune-homme » au café, au Brazza, ici) je suis un homme qui assume ses choix, qui se sent prêt à vivre avec le manque d’amour, de chaleur, grâce au soutien de la méditation.
12h10
Plus ça va, plus je me dis que je n’ai pas envie de vivre vieux. Le succès et l’argent, par rapport à ma littérature, c’est mal barré. Il est donc fort possible que je sois pauvre dans l’avenir. Je n’ai pas une grosse réserve d’argent et je ne suis pas propriétaire, je veux dire par là que je devrai encore payer un loyer quand je ne travaillerai plus. Mon travail artistique sera fini quand j’aurai 55 ou 60 ans et, si c’est encore pour ramer jusqu’à 70 ou 80, ça n’en vaut pas la peine. Mon fils aura 27 ans quand j’en aurai 60. A cet âge-là, il n’aura plus besoin de père pour se faire une belle vie. Ne plus en avoir sera peut-être même positif pour lui. Ainsi, parfois, je me dis que je n’ai pas à me soucier de la retraite. Soit j’aurai assez d’argent parce que j’aurai réussi, soit je serai assez sage pour vivre pauvrement. Je me dis que la vie vaut la peine d’être vécue tant qu’on a des choses à faire, et que si, à 60 ans, j’ai fini ce que j’avais à faire, il sera temps de partir.
A la gare de Oissel, alors que j’attendais ma correspondance pour Elbeuf jeudi, j’ai vu passer un TGV. Je me suis dit que ce serait simple, en le voyant arriver, à 200 ou 300 mètres, de se mettre sur la voie en lui tournant le dos, de méditer quelques secondes en attendant le choc. Sauf que ce genre de suicide crée des désagréments à mes frères humains, provoque des retards dans les gares, sans compter l’horrible travail de ceux qui récupèrent les morceaux. Donc, si ça se goupille mal pour moi, je me mettrai au tir, comme Sollers dans son dernier livre. Cela m’amusera sûrement pendant un temps, et surtout, cela me donnera une façon de partir qui emmerdera moins de monde que de se jeter sous un train. Mais j’ai encore du temps pour envisager tout cela. Une quinzaine d’années.
Commentaires
ouf...fr.