Samedi 4 avril

Dans tout ce que je fais, je voudrais être Dieu le Père, Surpuissant, alors que je ne suis qu’un être humain. De là découle une somme incalculable de déceptions.

14h55

Depuis tout à l’heure je me dis que je dois aller méditer au jardin, ou manger. Avec une préférence pour le jardin. Mais en attendant, j’écoute des chansons sur Deezer et je me saoule au Jack Daniel’s.

Je me dis que ça neutralise bien l’esprit, que ça peut remplacer la méditation. Aussi je vais peut-être rester là jusqu’à tomber. Mon lit n’est pas loin.

La question que fait hésiter pour aller au jardin est : peut-on méditer lorsqu’on est saoul ?

Et la réponse qui me vient est que je serai mieux au jardin qu’ici, même pour dormir et cuver mon whisky.

Avec l’alcool, je découvre la « vraie » vie, dépouillée de tout. Sauf que je ne pourrais pas la vivre sans alcool. Donc, ça n’a pas de sens.

15h40

Je me sens sauvé, indestructible, parce que je suis un lion.

15h55

Je sais que j’ai choisi une façon de vivre qui implique cela. Mais je suis comme tout le monde : j’aimerais bien avoir le beurre et l’argent du beurre.

J’écoute de la musique. Je fume. Je bois. Finalement, je suis heureux dans mon malheur. Je vis quelque chose d’exceptionnel. Et c’est ça qui me plaît finalement : vivre des choses exceptionnelles.