La force de l’amour permet les mutations, un enseignant extraordinaire à l’intérieur de nous, communiquer avec soi pour communiquer avec le monde, accueillir l'étranger, l'intégrer
Par sanieptia le lundi 6 avril 2009, 13:20 - Nouvelles clés - Lien permanent
Annick de Souzenelle – suite et fin
Nouvelles Clés N°60
« NC : Mais quand vous dites « nous », c’est…
A de S : L’humanité totale. Aujourd’hui, c’est vraiment la « Pâque des nations » que nous avons à vivre. Nous, peuples d’Europe, sommes devant une impossibilité de gérer les problèmes de l’intégration des peuples qui viennent vers nous. Que ce soient les Maghrébins, les Africains, les gens des pays de l’Est, etc. Impossibilité de gérer cela de façon convenable. Alors, on crée une loi, puis une autre loi qui va la contredire, et encore une autre…
On sent très bien que nous sommes perdus par rapport à cela. Pourquoi ? Parce que nous n’intégrons pas l’inaccompli à l’intérieur de nous. Il y a cette formule dans Le Cantique des cantiques : « L’amour est plus fort que la mort. » La traduction la plus juste est : la force de l’amour permet les mutations. Si vraiment, par amour, nous transmutons ces énergies, elles construiront cet amour. Elles nous en donneront un beaucoup plus grand. C’est ça le processus d’intégration et ce qui fait le processus de mutation, justement. Le fait d’intégrer les énergies. Je dis toujours que nous avons un enseignant extraordinaire à l’intérieur de nous, qui est le rôle du globule blanc : garder intact le corps, afin qu’il ne soit pas attaqué par les microbes, les virus, etc. Le globule blanc est vraiment le gardien de notre intégrité. Nous naissons avec un système HLA (human-leucocytes-antigènes) qui est propre à chacun de nous. C’est notre carte d’identité. Il n’y a pas deux systèmes HLA semblables, c’est fantastique.
Nous avons à nous construire au cours de notre vie, et de telle sorte que, s’il nous arrive un microbe, un virus, etc., le système HLA agira de la façon suivante : celui que l’on peut appeler le général en chef, le T4, va aller vérifier que toutes les cellules du corps sont bien protégées par le système. Il va identifier le virus ou le microbe et mettre une barrière, entre le « soi » et le microbe qui est le « non soi ». Ils sont intéressants, les termes de la biologie, aujourd’hui ! Par cette frontière entre le non soi et le soi, le globule va vérifier, à l’intérieur du soi, que le soi est porteur du non soi ! A ce moment-là, le système HLA mobilise toute sa petite armée d’antigènes et il va ingérer le microbe en question. Pas le tuer : l’ingérer, l’intégrer. C’est ce processus d’intégration qui devrait présider à la conscience aujourd’hui.
Si nous parvenons à faire ce travail à l’intérieur de nous, si nous intégrons ce potentiel d’énergie, une immense créativité peut se déclencher. Il y a pourtant un tueur en vous et en moi. Nous sommes capables de tout. Mais si nous savons repérer ce non soi en nous et que nous réussissons à l’intégrer, alors, à l’extérieur, nous n’aurons plus aucun problème pour intégrer l’étranger.
NC : Cela me fait penser à l’ermite tibétain Milarepa qui disait : « Bien difficile est d’aider autrui pour celui qui n’a pas réussi à se comprendre lui-même. »
A de S : Exactement. Si l’on n’a pas la communication avec soi-même, on ne peut pas avoir une vraie communication avec l’autre. On manipule. Ou on est manipulé, beaucoup plus qu’on ne le pense, même inconsciemment. La véritable communication doit commencer par la communication avec soi. »
Et pour celles et ceux qui voudraient approfondir le sujet, le dernier livre d’Annick de Souzenelle s’appelle : Nous sommes coupés en deux (livre plus CD audio).