Et le drame, c’est qu’on les a érigés en absolu… Se retourner vers le noyau de notre être pour avoir l’information
Par sanieptia le samedi 4 avril 2009, 08:39 - Nouvelles clés - Lien permanent
Annick de Souzenelle – 9
Nouvelles Clés N°60
« NC : Vous dites aussi que le bien et le mal sont des concepts dépassés. Vous niez l’existence du mal ?
A de S : Je ne nie pas l’existence du mal. Je dis que les notions de bien et mal doivent être dépassées après avoir été intégrées. Mais qu’elles demandent à être dépassées. Le bien et le mal n’ont pas d’ontologie. Il n’y a pas de création du bien et du mal. Ce sont des valeurs mises en place pour mettre de l’ordre dans notre situation d’oubli et d’exil, car nous sommes en exil nous-mêmes.
Ce sont des concepts très relatifs, suivant les temps, suivant les lieux. Ce ne sont pas des concepts qu’on peut ériger en absolu. Et le drame, c’est qu’on les a érigés en absolu, un absolu différent pour chaque culture, et cela provoque des guerres…
NC : En vous écoutant, je pense, avec mes références orientales, à cette notion qu’on trouve dans le bouddhisme et qui dit : « Chaque être a la culture de Bouddha. » Mais c’est à chacun de la trouver en soi, justement.
A de S : C’est exactement ce que notre tradition porte, avec d’autres mots. C’est pour cela que j’insiste beaucoup sur les Evangiles qui sont, véritablement, la réactivation d’une mémoire complètement enfouie à l’intérieure de nous, et qu’il faut retrouver d’urgence. C’est en nous. Et chacun de ces enfants dont vous me parliez tout à l’heure, de ces jeunes qui sont autour de nous dans un tel désarroi, si nous réussissions à les faire se retourner vers ce noyau de leur être, ils auraient l’information. Voilà ce que nous avons à faire aujourd’hui. »
J’ai aussi dit ça quelque part, que les notions de bien et de étaient sont des concepts dépassés - et il n’y a aucune gloire à cela, c’est tellement évident. Et l’interviewer est vraiment con d’ajouter : « Vous niez l’existence du mal ? » Soit il la prend pour une abrutie, soit il pense qu’il s’adresse à des abrutis. Je penche pour la seconde solution : il fait son métier de journaliste.
Moi, les Evangiles, je les mettrais bien à la poubelle, mais j’écoute Annick de Souzenelle, parce qu’après les jeux olympiques, j’ai mis beaucoup de choses à la poubelle, et ça n’a servi à rien. J’ai dû me guérir autrement ensuite, et je regrette parfois de n’avoir pas plus de souvenirs de cette période de ma vie.
« Voilà ce que nous avons à faire aujourd’hui ». Cela m’encourage, parce que mon Journal, s’il aboutit, aura cette fonction : faire se retourner les lecteurs vers ce noyau de leur être, pour qu’ils aient l’information.