La fin d'une histoire déjà ?
Par sanieptia le jeudi 2 avril 2009, 00:49 - Journal - Lien permanent
Lundi 30 mars 2009
Hier soir, il s’est passé quelque chose de bizarre et de désagréable : je me suis mis en colère.
On venait de voir un drôle de film de Cronenberg (à la télé), sur la violence, assez raté à mon goût. La fille d’Isis, avant la fin du film, était venue à l’ordi, pour s’en servir de dictionnaire d’espagnol. Heureusement que le film était pas-terrible, sinon, je crois que ça déjà m’aurait énervé.
Ensuite, il y avait un court truc sur le sport, un résumé, Stade2. J’étais curieux d’entendre parler de F1. Une nouvelle écurie avait fait un malheur dès le premier grand prix. Et puis il y avait du vélo aussi, sur piste. Cela me rappelait des vacances au bord du lac d'Aiguebelette, et surtout mon père, passionné devant la télé, passionné par Daniel Morelon. Bref, ça m’intéressait et les filles commencent à se foutre de ma gueule. Gentiment probablement, mais je n’ai pas envie de rire. Ni une ni deux, je pars dans une tirade proche de l’insulte. Je me souviens leur avoir dit que je les trouvais prétentieuses, prétentieuses et intolérantes, que sous leurs airs « solidaire », l’humain avant tout, je les trouvais intolérantes et irrespectueuses. Je les aurais traitées de bobos à deux balles si le mot m’était venu. Ca n’a pas duré longtemps, cinq ou dix secondes, mais ça a jeté un froid. Julie est partie en râlant et sa mère est allée se poster devant la vaisselle. Et moi, je me suis retrouvé seul, secoué parce que je n’ai pas l’habitude de m’énerver, dans le canapé. Ne sachant pas quoi faire et ne désirant pas m’expliquer. Je n’avais pas envie de rester dans cette sale ambiance. Du coup, je suis allé chercher mon sac et me suis rapproché d’Isis pour lui dire que je n’avais pas envie de rire - parce que sa fille en partant avait dit un truc du genre : si on peut plus rigoler… - et je suis parti.
Avant le film raté de Cronenberg, on était allés voir Welcome en fin d’après-midi. Beau film. Bien que j’aie trouvé la fin un peu too much, mélo. Je ne l’ai pas dit. Isis avait trouvé le film tellement merveilleux que je ne voulais pas lui gâcher son plaisir. On a parlé de la société bien sûr, des riches et des pauvres et des malheurs du monde.
Parfois, lorsque l’on discute, je dois hausser la voix pour me faire entendre, pour lui demander de me laisser terminer ce que je suis en train d’essayer d’exprimer, parce qu’elle me coupe souvent, reprend la parole comme si la discussion avait un enjeu. Ce qui fait que ça ressemble vite à un affrontement pour savoir qui a raison, ou plutôt, sur ce genre de sujet, qui a le moins tord. Et ça ne m’intéresse pas de me disputer pour ça. Je noie le poisson ou je le laisse filer et on change de sujet. Mais ça me fait quelque chose émotionnellement, comme une parole impossible. Et c’est la deuxième fois en peu de temps que cela nous arrive.
Sans parler de ses reproches qui me blessent comme quoi je ne dis rien sur moi et qu’en conséquence on ne parle que de la pluie et du beau temps… Et quand je fais le clown, joue sur la dérision, ça ne la fait pas rire…
Entre Welcome et le dîner, après un rhum au sucre de canne, en fumant une cigarette dans la cour, je faisais un triste bilan. Je me disais qu’on ne pouvait pas parler ensemble, que je ne la faisais pas rire et que son côté actif et toujours sérieux ne me faisait pas rire non plus. Je me disais qu’on ne faisait pas l’amour et que, de toute façon, quand on le faisait, c’était de façon ordinaire, parce que le sexe ne l’intéressait, parce qu’elle avait toujours vécu plus ou moins sans. Qu’est-ce qu’il nous restait ? Les câlins ? La tendresse ? L’affection quand nous dormions ensemble ? Un sentiment amoureux lié à cela ? Une forme de chaleur, de confort ? Et je me disais que c’était bien peu pour qu’une relation soit viable.
Quelques jours auparavant, amoureux, détendu, je m’étais dit qu’il était temps que je lui pose quelques questions sur son désir. Est-ce que la ménopause avait un rôle là-dedans ? Est-ce que c’était nous ? Moi ? Ses sentiments pour moi ? Et le sexe, est-ce que ça lui manquait ? Est-ce qu’elle en avait envie parfois ? Mais je suis parti comme une fusée. Je les ai presque insultées. La discussion que je voulais avoir aura donc lieu par la force des choses, mais autrement.