Samedi 21 mars 2009 - suite

Première méditation de trente minutes ce matin. Un bonheur. Mon dos s’habitue. Je ne souffre plus - presque plus - de me tenir droit, « les vertèbres empilées comme des pièces d’or ». Idem pour la concentration. J’arrive à fixer mon attention sur ma respiration ou sur un objet devant moi, la partie d’un arbre le plus souvent.

Vais attendre de progresser encore, d’avoir une concentration plus intense pour pratiquer d’autres exercices. Vais relire aussi le livre de Matthieu Ricard, en notant ici et là des passages, pour moi ou pour les partager sur mon blog.

Du coup, pas de speed aujourd’hui. Je fais les choses tranquillement. Je viens par exemple – à 15h30 - de remettre la lessive à plus tard, et je ferai de même avec les courses aussi peut-être, pour me rendre disponible pour Isis, au cas où elle voudrait se faire un ciné, ou autre chose, après le marché.

Dimanche 22 mars 2009

La discipline semble porter ses fruits. Je vais bien. Pas d’alcool donc, pas de déprime alcoolique. Toujours huit heures de sommeil, toujours la méditation.

Bouffe entre voisins hier. J’ai remarqué une chose que je n’aurais sûrement pas remarquée avant, mais qui cette fois – l’effet de la méditation je suppose – m’a sauté aux yeux comme une bite au cul – pour reprendre une expression de mon ex-beau-père.

Alors qu’on me demandait de raconter mon parcours, j’ai oublié l’essentiel. C’est-à-dire que je l’ai raconté comme si j’étais un artiste raté, alors que je ne me considère pas du tout comme cela. En fait, ce parcours particulier, ces quinze années d’enseignement à contre cœur - dans ma discipline sportive -, sans chercher d’autres solutions, sont sous-tendues par mon ambition artistique : écrire, et par une mégalomanie qui m’a longtemps fait croire que j’allais être riche et célèbre à 35 ans. Ma situation professionnelle, même si elle me pesait, devenait donc secondaire, puisque passagère. Je m’en veux aujourd’hui de ne pas avoir dit tout ça clairement.

A peine avais-je fini de raconter mon histoire que j’ai senti dans ma poitrine quelque chose de bizarre. Une frustration, une voix qui aurait pu me dire : « Qu’est-ce que tu racontes ? C’est pas du tout comme ça que ça s’est passé ? Tu oublies l’essentiel. Tu as honte de toi ou quoi ? » Et, je le répète, avant la méditation, il est fort probable que cette sensation, j’aurais fait comme si je ne l’avais pas ressentie, ou bien je lui aurais donné un tout autre sens, du genre : « C’est normal que je ne me sente pas bien. Je ne me sens pas bien en société. Et puis, cela me met mal à l’aise de parler de moi, de parler de cette époque de ma vie… » Bref, je me serais arrangé pour ne pas voir, pour ne pas sentir, pour ne pas interpréter, tout cela afin de n’être pas dérangé…

Est-ce que j’ai peur de dire que je me considère comme un écrivain ? Que j’y travaille chaque jour ? Que c’est une activité très importante pour moi ? Ou bien j’ai honte d’avouer qu’à une époque j’ai été naïf au point de croire que j’allais être rapidement riche et célèbre ? Peur de la moquerie, de l’image que j’aurais donnée de moi. Peut-être tout cela à la fois…

Suite cette désagréable sensation, j’ai réagi assez rapidement et songé à préciser ce qui n’avait pas été dit. Mais Isis racontait maintenant son parcours. J’ai eu peur de m’étaler, d’étaler mon égo sur la table en ramenant la conversation à moi juste après qu’Isis ait parlé d’elle, en coupant éventuellement la conversation qui se serait mise à rouler sur autre chose. J’ai décidé de ne pas le faire. Encore une fois, pour ne pas être mal vu, égotique. Mais je n’oublierai pas ce moment.

Lecture le soir, dans Les Nouvelles Clés, d’une interview très intéressante d’Annick de Souzenelle.

Mais je ne peux en parler. Il faut que je relise l’article d’abord.