La Défense avec mon fils
Par sanieptia le vendredi 20 mars 2009, 19:02 - Journal - Lien permanent
Lundi 16 mars 2009 - suite
La Défense l’après-midi avec mon fils. J’avais organisé cela sous forme de mystère. Je ne voulais pas qu’il refuse ou émette des réserves. Je ne voulais que mon Ex ou son beau-père, qui sont plus pour la verdure que pour l’architecture, influencent mon fils négativement sur ce choix.
Bref, il m’a fait confiance et, alors qu’on traversait Paris et qu’il me posait des questions, je lui ai dit qu’on allait voir une grande araignée rouge. Ca l’a calmé un moment. Mais quand on est sorti du RER et que je l’ai emmené sous les pattes de l’araignée rouge, ça n’a pas fait l’effet escompté sur lequel. Pas vraiment amateur d’art le gamin.
On est allé au pied de la tour EDF, plutôt jolie, comme une aile d’avion, et qui possède une marquise de toute beauté. Sous celle de Total ensuite, massive, impressionnante. Et on est passé derrière le CNIT pour rejoindre La Grande Arche. Ce faisant, on a vu sortir de terre le pouce de César, qui n’a pas plu à mon fils. C’est vrai que je n’aime pas beaucoup ce pouce non plus. A contre-jour, on dirait une merde qui sortirait contre les lois de la pesanteur. Ca ressemblait à une bite aussi. Je l’ai dit à mon fils en précisant que dans un langage châtié on disait « une forme phallique ». Me souvenant de la rétrospective vue au Jeu de Paume il y a quelques années, et de toutes les œuvres de lui que je connais, j’ai dit à mon fils qu’il n’avait pas fait que des pouces et que c’était, comme Calder, un grand sculpteur.
L’Arche était sans conteste la plus belle œuvre de cette exposition géante. Le prix pour monter sur le toit était raisonnable. Et puis, qu’aurait-on fait si on n’était pas monté sur le toit ? La promenade dans ce monde minéral ne semblant pas passionner mon fils. Alors que moi, je pourrais y passer des heures, une ou deux fois par ans. Je trouve cet endroit tellement étrange, minéral et aéré. J’ai l’impression d’être dans un autre monde quand je suis là-bas, sur une autre planète. Quand j’ai dit à mon fils que j’aimais cet endroit parce que je trouvais qu’il y avait ici autant d’air et d’immensité qu’au bord de la mer, il m’a regardé bizarrement. C’est là que j’ai compris que ça ne lui plairait pas si on se promenait pendant des heures ici.
On est donc monté sur le toit de l’Arche. La montée dans les ascenseurs en forme d’œufs transparents était déjà impressionnante, comme un tour de manège. Je ne me suis pas moqué de sa peur. Je ne lui ai pas dit bêtement d’être un homme. Je l’ai laissé se rapprocher de moi et tenir mon bras, et ce fut une belle montée. Plaisir des yeux et de sentir mon fils proche de moi. Moi le réconfortant sans le mettre mal à l’aise vis-à-vis des autres personnes. Communication silencieuse.
On est tombé d’abord sur des peintures à effets 3D. Des portraits. Il fallait regarder un petit point blanc au milieu pendant trente secondes et ensuite fermer les paupières ou regarder un panneau blanc à côté. L’image apparaissait comme un hologramme que notre esprit avait créé.
Le musée de l’informatique ensuite. Mon fils fut très impressionné - et moi aussi - en voyant qu’il y a moins de 50 ans, les entreprises qui voulaient un ordinateur devaient y consacrer une pièce entière, et sûrement un gros budget, avec un disque dur gros comme une cuisinière, et d’autres modules de connexion gros comme des réfrigérateurs. Une chambre d’étudiant taquinant l’informatique dans les années 80 était reconstituée. Impossible de télécharger à l’époque, était-il précisé, pour une chanson, il aurait fallu attendre 24h.
En voyant le coin des jeux vidéo, des souvenirs me sont revenus. Quand nous allions, avec mon frère aîné et les voisins, durant ma préadolescence, dans les cafés. Pour jouer justement, au flipper et aux jeux vidéo. Est-ce que je suis né vieux ? Je trouvais déjà ces jeux trop modernes, trop complexes pour moi. Je préférais le flipper. Mon fils a joué un bon moment, à un jeu de guerre avec des avions et un porte-avions. J’en ai parlé aux collègues avec émotion aujourd’hui. Ils se souvenaient de ces jeux eux aussi.
Pour finir, une vue intéressante de Paris, comme nous ne l’avions jamais vue. Rien à voir avec celle que l’on a depuis Montmartre ou Montparnasse. Puis un film sur la construction de L’Arche. Impressionnant encore. Nous retournerons sûrement là-bas un jour, dans quelques mois ou quelques années.