Vendredi 6 mars 2009

Choses non signalées

Médecin mercredi (il y a dix jours). Problème de miction.

Cela faisait plusieurs mois que j’avais du mal à pisser. Pour être plus précis, mon jet d’urine manquait de pression. Je me disais que cela avait peut-être un rapport avec mes pratiques anales et je laissais passer du temps pour voir si ça allait s’arranger. Mais ça ne s’est pas arrangé. Des souvenirs d’enfance me revenaient, quand on a la vessie bien pleine et qu’on s’amuse à pisser le plus loin possible. Là, c’était l’inverse, chaque fois que j’avais dû me retenir, à cause d’une réunion, d’un spectacle ou d’autre chose, c’était l’enfer aux toilettes. Le ventre gonflé et la pisse qui sort au ralenti. C’est ça surtout qui m’a inquiété.

Le médecin, jolie trentenaire, m’a tout bien expliqué. Que ça pouvait être des résidus au fond de la vessie, ou alors la prostate qui comprimait l’urètre. Et elle m’a prescrit des analyses, sang et urine, ainsi que deux échographies, vessie et prostate. Pour la vessie, c’est externe, m’a-t-elle précisé, mais pour la prostate, c’est plus embêtant… J’ai failli lui sourire et lui demander le diamètre de l’objet que l’on allait m’enfoncer dans l’anus, pour lui dire ensuite : « Non, ça va, c’est dans mes cordes. Je peux recevoir des choses bien plus grosses vous savez… » Je me suis tu. Et je retournerai voir le joli médecin quand j’aurai les résultats de ces examens.

Che – 2e partie vendredi dernier. Ce que j’en ai retenu est que ça a beaucoup moins bien marché en Bolivie qu’à Cuba.

Slumdog millionaire samedi. Un début qui bouge bien, une première partie agréable. Une deuxième partie plus ordinaire, sans surprise. Un peu répétitive, entre les questions sur le plateau de Qui Veut Gagner des Millions et la suite de l’action. Un beau film malgré tout, que je qualifierais d’hollywoodien.

Ai apprécié le générique, quand les comédiens dansent sur les quais comme dans une comédie musicale. J’avais l’impression qu’ils nous disaient : « C’était un film ! Un spectacle ! La fête est finie ! Au revoir ! Au revoir ! » J’ai trouvé ça rigolo, et touchant comme lorsque les artistes saluent sur scène à la fin d’un spectacle.

Conversation dimanche avec mon fils. D, son beau-père, m’avait mis la puce à l’oreille. Il était sorti pendant que mon fils allait chercher son vélo au garage. Mon Ex était là aussi, mais c’est lui qui a pris la parole. Il s’est lâché un peu et ça a eu l’air de lui faire du bien. Je l’ai beaucoup apprécié dans ce moment là. Poli, prévenant, mais lâchant ce qu’il avait sur le cœur. D’après ce que je comprenais, je devais parler avec mon fils, apprendre à parler avec mon fils. Parce que ce dernier ne me disait rien mais s’exprimait à la maison. Notamment sur le voyage qui était prévu en avril pour rendre visite à mes parents – et ses grands-parents - et qui l’angoissait. Il n’avait pas envie d’y aller. D a laissé entendre aussi que parfois, après que l’on se soit vus, mon fils rentre « fermé », pas bien.

Ma réaction à tout cela m’a étonné. Je n’ai pas fui. Je ne me suis pas senti attaqué, ni en faute. Je me suis surpris à écouter D sereinement, pas chagriné par ce que j’entendais, mais lucide et plein d’énergie pour tenter de résoudre le problème. Cela m’a réconforté et à nouveau fait penser que je ne donnais pas soixante-dix euros chaque semaine ma psy pour des prunes.

Durant notre promenade à vélo, longue et agréable, j’ai tenté d’instaurer le dialogue. J’avais pensé à d’autres choses depuis les aveux de D, et je ne voulais pas me focaliser sur ce séjour chez mes parents. Je lui ai plus parlé de ma situation, la colocation, un peu SDF, SDF de luxe mais SDF. Lui ai dit que la première chose à faire, s’il se posait des questions sur moi, sur mes choix de vie, était d’oser me poser des questions sans avoir peur de me blesser.

Nous avons repris la route et, un peu plus loin, un peu plus tard, je lui ai demandé si, après réflexion, il se posait des questions à mon sujet. Il ne s’en posait pas, tout allait bien. Mais je n’en crois rien. Avant que l’on ne se quitte, je lui ai demandé de réfléchir à ce qui l’angoissait dans le fait d’aller rendre visite à mes parents. Ai insisté en lui disant que j’avais besoin de savoir cela pour organiser au mieux ce séjour, pour que nous puissions le vivre au mieux, aussi bien lui et moi. Je lui ai dit de bien penser à tout cela, que l’on en reparlerait mercredi.

Et mercredi, nous sommes allés faire une course. Il voulait s’acheter un DVD. Ca tombait bien. Il pleuvait et j’étais prêt à annuler notre rendez-vous. Je ne savais vraiment pas ce que nous allions pouvoir faire. Surtout depuis que nous n’habitons plus la même ville et qu’il passe la moitié de l’après-midi à faire ses devoirs. Pas le temps d’aller au ciné ou de voir un DVD. Reste une activité extérieure, mais s’il pleut… Bref, nous sommes allés au centre commercial et nous avons trouvé son DVD. Moi, j’ai acheté six verres et deux oreillers pour Isis (et pour moi).

Pour ce qui est du séjour chez mes parents, c’est assez simple, c’est ce qui m’angoisse moi aussi qui l’angoisse, à savoir les moments pourris, les moments de tension, quand l’air devient irrespirable. Je l’ai rassuré en lui disant que nous passerions deux jours sur place et que l’un des deux jours serait consacré à l’Histoire. Il aime l’histoire. Donc, Bourbon l’Archambault si nous sommes du côté de Moulins, et Gergovie si nous sommes à Clermont. Cela fait déjà un jour. Et pour le second jour, à nous de nous bouger les fesses, de trouver un truc à faire, parce que, si nous ne passions qu’un jour plein avec eux, nous aurions droit aux plaintes de ma mère qui dirait que, pour si peu de temps, ça ne valait pas la peine de venir. Pour les moments de tensions, nous avons conclu un pacte. Si l’un ou l’autre, ou les deux, on ressentait cela, nous avons convenu de nous faire un signe, ou de nous parler, et de fuir sur le champ les mauvaises ondes. C’est un beau pacte, mais, si ça arrivait à table, je ne sais pas si j’aurais le courage d’aller faire un tour avec mon fils en plein milieu du repas. Il faudrait que j’aie le courage. Je m’en rends compte en écrivant.