Vendredi 27 février 2009 – 09h45

Hier, en sortant du tabac, j’ai vu en couverture d’un magazine « Les coucous, tapis bleu et rose » d’Henri Matisse. A côté de l’image, il était inscrit : 35,9 millions d’euros. Ne trouvant pas le tableau très réussi, j’ai trouvé cela un peu cher.

Après trois bières en fin d’après-midi et une demi-bouteille de rouge chez Isis, je crois que le nouveau mot d’ordre va être DISCIPLINE. Et pas seulement pour l’alcool.

J’ai toujours été discipliné. Par la force des choses, l’autorité de mon père, l’organisation de la société que j’ai toujours respectée. Dans le sport de haut niveau, j’ai fini par étouffer, par déprimer, par tout envoyer balader. Je me suis perdu. J’ai perdu mes repères, mes bases.

Aujourd’hui, à nouveau perturbé par cette relation avec Antoine, par l’alcool, qui n’arrange pas mes affaires, qui accentue en fait mon manque de sérénité, je me rends compte que je n’ai pas encore fait l’unité en moi, trouvé l’équilibre entre instinct, liberté, et discipline pour organiser tout cela, pour ne pas que la liberté et les plaisirs se transforment en déplaisirs.

Le fait que je n’ai pas pu voir ma psy mercredi n’a rien arrangé. Je comptais justement – en plus de mon histoire avec Antoine – lui parler de cela. J’avais quelques notes du genre : « Il suffit que je sache ce que je vais faire, pour ne plus avoir envie de le faire. Et si je ne sais pas, si je vais à l’aventure, à l’instinct, je m’angoisse, me dis que quelque chose ne va pas. Problème ! Me reste seulement alors les signes pour me guider, comme la musique que j’entends en ce moment même à l’Exceltio, qui me dit que tout va bien, que quatre bières ce n’est pas si grave, que je vais pouvoir donner mon cours impeccablement tout à l’heure. » Ca date de mardi. Il y a aussi ça, daté d’hier : « Quand je suis stable, quand tout va bien, je m’ennuie. Et recherche de nouvelles choses qui engendrent un déséquilibre. Ensuite, je ne me sens pas bien dans le déséquilibre… C’est sans fin… »

C’est comme ça : travail, travail et courage…

Toujours la même histoire : du mal à me diriger, à m’organiser…

J’étais heureux de retrouver Isis hier soir – pour une fois qu’on ne travaillait pas le jeudi soir. Hélas, elle n’était pas bien. Son nez coulait. Rhume des foins.

Avais aussi envie de parler à ma psy d’une forme de boulimie, d’envies frustrées, de velléités. Pas concernant la nourriture mais pour lire ou apprendre des choses sans en avoir le temps, sans prendre le temps… J’avais noté quelques lignes là-dessus dans le train qui nous ramenait avec Isis de Toulouse à Paris : « A explorer ou à exprimer : mes envies de livres, de revues comme en ce moment, de savoir. Et la certitude que si je les achète, j’aurai du mal à les lire, et cela créera un malaise, comme si je les avais achetés pour rien, comme si je ne parvenais pas à me contrôler, à savoir ce que je voulais… Exemple Saint-Simon et le journal de Jules Renard en Pléïade, l’histoire de France d’Alain Minc, le dernier livre de Kersauson, un bouquin de sur la résilience aperçu dans le derniers Psychologie – Dany Boon en couverture…