Première soirée avec Antoine
Par sanieptia le jeudi 26 février 2009, 18:32 - Journal - Lien permanent
Mardi 24 février 2009 – 13h15
Peut-être que la vie est comme ça. Peu de plaisir, beaucoup de travail.
16h30
Soirée pas formidable mais intéressante hier.
J’ai trop bu. Deux kirs à l’Exceltio, puis un autre à l’angle Kléber-Copernic. Du whisky chez Antoine.
L’ai trouvé moins beau que sur son cheval, plus enrobé. Et moi, plus coincé que j’aurais cru. Après avoir passé un bon moment au salon – c’était mon souhait – nous sommes malgré tout allés dans la chambre, parce qu’on s’entendait bien, parce que j’avais envie de vivre le truc, même s’il ne ressemblait pas du tout à une femme, contrairement à ce que j’espérais.
Antoine a la faculté de jouir sans éjaculer, de jouir du cul. C’est étonnant. Je l’ai fait jouir avec mes doigts, ma queue n’étant pas assez dure. Je l’ai pénétré un peu, à un moment, mais j’avais trop bu, et surtout, j’étais coincé. J’ai ainsi connu ce qu’Isis ressent parfois, d’être sur le point de jouir sans y parvenir. On a fini par laisser tomber et je suis rentré chez moi.
J’ai raté le dernier RER, de trois minutes. Je n’avais pas fait attention à l’heure. J’étais persuadé qu’il était plus tôt. Pourtant, plusieurs fois, Antoine m’avait proposé de me payer le taxi. Mais moi, grand seigneur, je n’avais besoin de personne…
J’ai laissé le taxi choisir son itinéraire. Ca a été une erreur. Il a voulu choper l’A86 par la porte d’Asnières, mais c’était fermé. On a fait le tour sans l’A86. Le compteur tournait et j’étais énervé. Je le lui ai dit et il s’est défendu en me disant qu’il m’avait proposé de choisir l’itinéraire. « La prochaine fois, je choisirai » ai-je répondu. Et je me suis remis à faire la gueule et à regarder tourner le compteur.
Quand on s’est arrêté, il indiquait quarante-trois euros cinquante. Je suis allé au distributeur retirer de l’argent. Lui ai donné deux billets de vingt en lui disant qu’il n’était pas perdant. Il m’a souri pour me montrer qu’il était d’accord et il est parti.
J’ai apprécié de faire jouir Antoine – plusieurs fois, trois d’après lui -, de m’occuper de son cul, de le sentir ouvert et propre comme le sexe d’une femme. Je l’ai apprécié avec ma langue aussi. Cela m’a plu de m’occuper de lui, de lui exciter les seins et de lui lécher le sexe. Si je n’avais as été coincé, ça n’aurait été que du bonheur.
J’ai apprécié de me sentir un bisexuel qui n’assume pas sa sexualité, qui a préféré rester passif jusqu’à présent parce que c’était plus pratique.
Depuis cette soirée, me sont revenus en mémoire des souvenirs. La découverte du plaisir anal et un début d’acceptation de cet état de fait. Mais, liée, une trouble peur de me découvrir homosexuel. Comme si c’était une honte, une maladie, une tare. Aujourd’hui, je sais un peu mieux qui je suis.
Antoine n’a as assimilé ma queue molle à un fiasco. Il a passé un bon moment, je lui ai plu. Il me l’a écrit. Nous allons nous revoir.
Et ce ne sera pas pour me faire baiser parce que je suis en manque de ce plaisir, mais pour faire l’amour avec un homme, et être moi-même un homme baisant un autre homme.
J’en ai envie. Aujourd’hui, j’ai hésité à lui envoyer ce texto (je ne l’ai pas fait) : « J’ai envie de me faire sucer. J’ai envie de jouir dans ton cul ». Et puis je lui ai écrit ce mot pour répondre au sien - qui me disait qu’il avait joui trois fois, qu’il avait apprécié ma sensibilité et qu’il espérait me revoir très bientôt : « Heureux que cela t’ait plu. Finalement, c’était la première fois que je faisais vraiment l’amour avec un homme, et ça ne s’est pas si mal passé ».
Si j’étais fou, je retournerais le voir mercredi. On ne se voit pas souvent avec Isis le mercredi. Mais je ne suis pas fou et j’ai envie de retrouver Isis. J’ai envie d’être près d’elle, avec elle.
Elle m’a téléphoné hier pour me proposer de venir la rejoindre, alors que je partais de l’Exceltio pour aller chez Antoine. Je n’ai pas répondu. Mais, sur le chemin de la gare, je l’ai appelée pour lui dire que je pensais qu’elle avait taï chi, que je suis en plein travail littéraire et que je reste chez moi.
J’ai envie de retrouver ma chérie, de laisser passer un peu de temps – pas trop – avant de revoir Antoine. Lui aussi a son chéri, d’ailleurs, qu’il appelle « ma moitié ». Il lui a répondu hier soir alors que nous étions ensembles, alors que je me mettais un peu trop en forme avec du whisky.
Si je me laissais aller, je parlerais encore d’Antoine, mais j’ai déjà bu trois bières et cela suffit.
Je pourrais me voiler la face en parlant d’alcoolisme mais ce n’est pas ça. C’est cette putain de peur de l’homosexualité, avec laquelle j’ai trop longtemps vécu, qui doit me mettre, après la belle expérience d’hier, les émotions en vrac. Et l’alcool est la seule solution que j’ai trouvée jusqu’à présent pour remettre un peu d’ordre dans tout ça. Même si je sais que c’est un faux ami, un mauvais médicament qu’il faut autant que possible maintenir à distance.
Assez parlé maintenant. Je dois aller me reposer pour être en forme parce qu’il me reste encore un cours à donner tout à l’heure.