Samedi 13 décembre 2008 – 08h00

Isis m’a dit hier, après Burn after reading – il était presque minuit – qu’elle ne se sentait pas très amoureuse de moi. Et je me sens parfaitement bien ce matin. C’est bizarre. J’ai passé une très bonne nuit et je me suis levé tôt pour venir écrire avant mon rendez-vous avec Mohamed.

Elle avait une réunion hier soir. On s’est retrouvé à 21h au japonais pour manger quelques brochettes avant de filer au ciné. La séance était à 22h.

Bon film, agréable. On était encore à la Croix de Chavau quand je lui ai demandé : « Ca va ? » en posant une main sur sa cuisse. « Non » elle m’a répondu d’une façon très claire. Et elle a enchainé avec la phrase qui tue. Entre le « Non » et la phrase qui tue, je lui avais demandé si je l’avais blessée – en faisant le clown ou autre chose. Je m’étais permis de déconner un peu avant sa réunion. Je la trouvais dure avec moi depuis quelques jours et j’avais décidé de lui répondre, de cesser de jouer les amants modèles. Non, ce n’était pas ça. Elle ne se sentait pas amoureuse. Pas assez amoureuse. Et elle ne se sentait pas bien de ne plus se sentir amoureuse.

Là, ma philosophie fataliste s’est de suite mise en branle. Et la phrase ne m’a pas tué. Elle a dit qu’elle aimait dormir avec moi, qu’elle aimait la tendresse de nos rapports. Mais moi, je n’avais plus envie de dormir avec elle, pas ce soir en tout cas. J’avais besoin de me retrouver seul pour vivre ce qui m’arrivait.

Je l’ai déposée chez elle, en me garant sur le trottoir pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Je suis monté Chercher mon sac. Il y avait sa fille et deux copines. Je les ai saluées, j’ai pris mon sac et je suis redescendu. Isis m’a accompagné jusqu’à la grille. Elle n’avait pas l’air bien. Et cela me faisait presque plaisir. Changement de vie.

Aujourd’hui, je ne sais pas quoi faire. Comme à chaque fois que je ne sais pas, je vais laisser passer du temps. Nous devions nous voir ce soir, avec une amie à elle, après la participation de quelques uns de nos élèves à un évènement. Je n’irai pas à cette fin de soirée. Si elle a encore envie que l’on se voit, tendrement, elle me le fera savoir, et je lui proposerai que nous soyons amis-amants sans obligation de faire l’amour. Et si elle veut faire l’amour, je commencerai par la lécher. Par la faire jouir de cette façon. Elle n’a jamais joui avec ma queue.

A part ça, très bonne journée hier. Je garde mon costume de combattant à portée de main et, dès que quelque chose m’emmerdera, je l’enfilerai pour ne pas souffrir cent-sept ans de cette chose.

Travail psy formidable. Problème parents et frères et sœur – sensation d’être coupé d’eux – réglé. Ouverture à la dimension humaine de mon métier en très très bonne voie. Je m’aperçois que je suis apprécié, aimé, et je ne me ferme pas à ce côté affectif qui me faisait peur avant, comme s’il s’agissait d’un engagement qui allait me gêner, duquel j’allais être redevable. Ma cage thoracique s’est ouverte et je partage de belles choses avec mes élèves. En trois mois et demi, un énorme changement a eu lieu. Quant l’amour, je laisse les Dieux, la Vie, décider.