Dimanche 7 décembre 2008 – 10h30

Dès le mardi soir, pour me rassurer, j’avais parlé de ma situation à Bruno. Je lui avais demandé, au cas où je devrais partir vite, au cas où je n’aurais pas le temps de trouver une coloc’ satisfaisante, s’il pouvait m’accueillir, pour un mois maximum. Il était ok. C’est donc sereinement que j’ai pu parler à Rose jeudi.

Juste après avoir parlé avec Rose, j’étais allé au café wifi pour m’inscrire sur Appartager. Et le lendemain midi, alors que je n’avais pas encore commencé mes recherches, je découvrais que deux personnes m’avaient contacté. J’étais tout excité. Une des propositions me plaisait, genre maison bourgeoise, style petit hôtel particulier et j’avais appelé Isis pour qu’elle vienne en avance au travail pour que je lui montre l’annonce et les photos. Dans l’après-midi, elle m’a encouragé à appeler. Moi, j’aurais attendu le lendemain. Elle a bien fait. Le propriétaire m’a proposé un rendez-vous à 18h30 le jour-même.

C’était moins bien que sur l’annonce, l’espace commun et confortable était inexistant, seulement une cuisine mais, pour le même prix que chez Rose, je pouvais garer ma voiture. De plus, là-bas, on n’habite pas chez quelqu’un, on est un peu comme dans une pension de famille. Un couple habite le rez-de-chaussée et entretient le jardin. Le reste, cinq locataires, sont répartis dans cinq chambres sur deux étages. Et au dernier, il y a une terrasse. Ca peut être bien avec les beaux jours ! Du coup, je me demande si ce n’est pas l’occasion de réaliser mon fantasme de vivre à l’hôtel.

La chambre qui se libère risque d’être prise immédiatement, mais le propriétaire m’a dit qu’il y en avait une autre, légèrement plus grande, qui allait être disponible le 1er mars ou le 1er avril. Je préfèrerais presque cette chambre à deux fenêtres plus tard que l’autre immédiatement, car mon moral a besoin de lumière.

Hier, j’ai passé un long moment au café wifi. J’ai regardé toutes les annonces qui pouvaient m’intéresser. En ai remarqué une surtout qui sortait du lot : à côté de mon travail, pas loin de chez Isis, pas chère, avec une place pour se garer. Vais appeler en fin de matinée.

Je me sens serein, détendu, et d’autant soulagé d’un poids que vendredi soir, après être allé pour la première fois à la piscine avec Isis, à l’Espace Pailleron, j’ai enfin osé lui parler de mon blocage vis-à-vis de sa zone érogène anale. Je ne sais plus exactement comment j’ai abordé la chose mais ça s’est bien passé. Nous étions câlins et nous aurions fini par faire l’amour. Et je savais que je n’oserai pas en parler après. Je sentais aussi qu’avec ce truc dans la tête, cet échec à la parole, je n’allais pas vraiment pouvoir faire l’amour… Bref, tout ça m’a motivé et je lui ai parlé. Et sa réponse fut des plus intéressantes.

Elle m’a expliqué que pour elle il ne s’agissait pas d’une zone érogène. Pis, la sexualité liée à cet endroit lui faisait penser à des choses malsaines comme… la pédophilie. Effectivement, entre mon blocage et ses idées de pédophilie, on était bien tous les deux… Je me suis dit que finalement je n’étais pas le seul à avoir des névroses ou des bizarreries s’exprimant par cet endroit. Moi, j’avais essayé de m’ouvrir, sans mauvais jeu de mots, de vivre les choses, Isis avait fermé la porte : anus pas érogène. Cela m’a rapproché d’elle. On avait tous les deux des choses à dépasser de ce côté-là, et j’avais bon espoir qu’on ne reste pas bloqués. Dans mon esprit, il ne s’agissait pas de guérir de quoi que ce soit, mais plutôt de voir, avec tendresse et douceur, si cette porte chez elle pouvait s’ouvrir pour moi. Pour bien préciser les choses, j’ai ajouté que c’était comme s’il y avait une part d’elle-même à laquelle je n’avais pas accès. Cela me gâchait le plaisir. Il manquait quelque chose. On a continué à parler et pour conclure, J’ai obtenu gentiment l’autorisation de tenter quelque chose un de ces jours, quand je le sentirai, quand on le sentira. Du coup, je me sens plus léger. Surtout d’avoir parlé. Je me sens plus à l’aise aussi d’avoir maintenant son approbation.