Blocage, alcool, Cinquième rêve
Par sanieptia le jeudi 4 décembre 2008, 14:01 - Journal - Lien permanent
Lundi 1er décembre 2008 - Café des Rigollots – 11h00
N’ai toujours pas parlé à Isis, mais il va falloir que je le fasse, parce que j’ai l’impression que c’est ça qui me boule en ce moment.
Ca a commencé jeudi soir. Je me suis offert une bonne bouffe, chez moi, parce que j’avais besoin de me faire plaisir. Une bonne bouffe accompagnée d’une demi-bouteille de vin rouge. C’est peu, une demi-bouteille de vin, mais ça m’a rappelé un mauvais fonctionnement. Je m’étais soûlé en fait, et je n’étais pas très content de moi le lendemain.
Le lendemain, vendredi, j’ai été suffisamment occupé pour ne pas m’ennuyer et pour ne pas penser à tout ça. C’est samedi que ça m’est revenu dans la figure. Je n’étais pas très bien le matin, mais je voyais mon fils de 11h à 14h et j’avais d’autres choses à penser. Mais, après 14h, j’ai vécu un sale moment. J’ai essayé de m’occuper comme j’en ai l’habitude mais le cœur n’y était pas. J’ai fait ce que j’ai pu entre ma littérature, la télé et Le cinquième rêve. Mais le soir, j’ai dû lutter pour ne pas boire. Cela m’a ennuyé. J’avais l’impression d’être un drogué, un alcoolique. Ai bu un verre et demi de Bordeaux rosé, très frais – une bouteille entamée et presque pleine qui traînait dans le réfrigérateur de Rose depuis plusieurs jours. Me suis offert aussi, en fin d’après-midi, une partie d’élargissement anale. Hélas, peu épanouissante. Du coup, dimanche matin, j’ai mis mon réveil pour aller à la piscine. Toutes ces histoires d’eau, de baleines, d’orques et de dauphins dans Le cinquième rêve, m’ayant donné envie de sentir l’eau glisser sur moi, en état de presque apesanteur.
C’est ce que j’ai fait de mieux ce week-end. Pour la première fois de ma vie, je me suis mis à l’eau et, tranquillement, sans m’essouffler, j’ai nagé un kilomètre, quarante longueurs. Je me sentais bien en sortant, détendu comme après un sauna, au point de me dire, comme à chaque fois dans ce genre d’expérience, que je devrais faire ça toutes les semaines. En sachant très bien que je ne le ferai pas. Une bouffe ensuite, sans alcool, Michel Drucker et Valérie Lemercier, Vincent Delerm et Alain Souchon, puis Cinquième rêve. Ai rejoint Isis à 17h. Nous avions rendez-vous. Pour aller voir Kurt Cobain à 19h, à Montreuil. J’ai trouvé le film génial, les images géniales et Kurt Cobain génial, bien qu’un peu trop blessé, abîmé, pour vivre longtemps. L’héroïne n’étant pas un bon médicament. Ca m’a fait penser à Into the wild, à Charles Bukowski qui avait beaucoup de mal à supporter la fadeur et la bêtise des humains, et à moi. A moi qui essaie de guérir et de se débarrasser de ce mauvais médicament qu’est l’alcool. J’ai vécu un merveilleux moment, mais ça m’a secoué. Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite – plutôt ce matin. De plus, influencé par Le cinquième rêve, par les voyages de John Lilly dans son inconscient, j’ai demandé le soir au mien, d’inconscient, de m’aider à y voir clair dans ces vastes thèmes que sont l’amour et le sexe. Je lui ai demandé s’il pouvait me dire où se situait l’anus et la part scatologique de ma sexualité dans tout ça. Au réveil, j’étais pas frais. Je m’étais retrouvé avec ma famille d’enfance, avec une tante que je trouvais jolie et désirable, avec mes parents, mes frères et ma sœur dans la maison de mes grands-parents maternels. Cinquième rêve plus Kurt Cobain plus blocage avec Isis, c’était un peu trop je crois. Vais insister pourtant la nuit prochaine, parce que je sens que si j’abandonne, si je me renferme comme un peureux, c’est comme si j’avais fait ça pour rien, comme si j’avais souffert pour rien. Et puis je vais parler aujourd’hui à Isis, parce que ça ne sert à rien non plus de souffrir la nuit si je ferme ma gueule la journée.