Psy mag, sept 2008, interview de Clément Rosset

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P : Vous venez de citer Courteline, mais dans votre oeuvre, vous prenez volontier appui sur Tati ou Tintin... Est-ce bien raisonnable ?

CR : Vous pouvez ajouter à votre liste Samuel Beckett ou Marcel Proust, ça fera plus chic... Plus sérieusement, les oeuvres qui manient l'humour ont tout à nous apprendre : elles mettent à nu les mécanismes absurdes qui nous gouvernent et dont nous devons nous garder si nous voulons faire coïncider nos désirs et le réel, ce qui est la définition même de l'allégresse. Ces connaissances peu académiques n'excluent pas une assez bonne connaissance des philosophes. Mes préférés sont Spinoza, Nietzsche, Pascal et Bergson. J'ai une grande sympathie pour Schopenhauer, un sentiment mitigé pour Freud, capable de fines analyses, mais aussi de théories délirantes, et une aversion pour Kant, pour qui le réel n'est qu'une contrainte inopportune, juste bonne à faire de l'ombre aux beautés de son appareil théorique.