Lundi 22 septembre 2008 – 08h00

Isis m’a rejoint au café samedi et nous sommes allés nous promener au bois. Il faisait beau. C’était délicieux. Je n’avais pas envie de lui parler de Florence. Je voulais juste profiter de ce délicieux et rare moment avec elle. On est rentré et on a mangé dehors, dans la cour. On se serait cru en vacances. Et nous sommes partis vaquer à nos occupations. Castorama et rangement pour elle. Ecriture et changement de fringues pour moi. On est allé voir des clowns le soir à Cergy-Pontoise. Modernes. Drôles. Une amie d’Isis qui nous accompagnait n’a pas aimé. J’ai trouvé ça dommage. Dommage qu’elle ait trouvé ça nul et sans profondeur, sans travail, sans qualité. Le genre de personne qui n’appréciera jamais mes lignes. De mon côté j’ai vécu une bonne heure dans un monde tourbillonnant, fluide, instable et un peu fou. Au troisième degré la plupart du temps, dans un monde parallèle qui était aussi le nôtre, pas spécialement parallèle. Le soir, au lit, je n’ai pas voulu me retrouver sans désir comme l’autre fois, et silencieux, et mal à l’aise. Je me suis décidé à parler. Je lui ai raconté l’histoire comme dans ce carnet. La découverte au printemps de la carte électronique, notre rendez-vous, les rêves qui ont suivi, mon sentiment d’être perturbé et en même temps sur la bonne voie pour dépasser quelque chose, remettre de l’ordre en moi pour améliorer (et enrichir) ma relation avec les autres. Et elle l’a plutôt bien pris.

Dimanche matin, nous sommes allés au marché à Vincennes. Isis avait besoin de grilles pour le lavabo et la baignoire, sa tuyauterie était mal-foutue (le siphon de la baignoire surtout qui n’était pas un siphon) et c’était moins cher et plus écolo d’acheter des grilles plutôt que du déboucheur régulièrement. Encore une petite bouffe au soleil, dans la cour. Seulement, lorsqu’on s’est quitté, moi pour mon fils et elle pour continuer son rangement (la cave cette fois) elle m’a embrassé bizarrement, et a ajouté qu’elle était fâchée. Je lui ai demandé pourquoi mais elle n’a pas voulu me le dire. Je pensais à un mot de travers, mal compris. J’y ai pensé tout l’après-midi. Et le soir, quand on s’est appelé pour se dire « bonne nuit », je lui ai demandé. J’ai insisté parce qu’elle voulait me le dire le lendemain. Il s’agissait de Florence. Elle était jalouse. Je lui ai dit, pour lui dire mon amour, que moi aussi, dans la même situation, je serais jaloux, que c’était un heureux hasard qui allait m’aider à remettre les pieds dans mon passé, qui correspondait au bilan que j’avais fait avec ma psy, comme quoi je n’avais pas accès à une certaine partie de ma vie. Mais je me suis fait jeter. Isis ne voulait pas de mon amour et de ma compassion, pas non plus de ma raison. Elle voulait juste exprimer ce qu’elle ressentait.

Quand à Florence et à la Closerie, encore une fois, je n’ai pas le temps d’en parler.