Samedi 7 juin 2008 – 12h40

Je me suis retiré du monde hier. Je n’en pouvais plus. J’étais dans le rouge.

Comme j’avais mon après-midi, après avoir mangé en regardant le début du match Nadal/Djokovic, je me suis couché. Ai dormi trois heures. Ensuite je suis retourné travailler. Parce qu’exceptionnellement je travaillais ce vendredi soir. Puis petite bouffe avec Bruno. Pas trop arrosée. Comme je ne suis plus « fauche man », c’est moi qui l’ai invité. Pas de réveil ce matin, pas de danse à Paris, rien, anywhere out of the world, absent, vautré. Je ne me suis pas précipité à la banque en fin de matinée pour payer le loyer en liquide à Rosy. Elle me l’avait demandé la veille en me rendant mon chèque. Elle a des problèmes avec sa banque et ne veut pas que cette dernière mette la main sur ces 550 euros.

Emilie a craqué.

En début de semaine dernière, elle me disait qu’elle n’allait pas bien, que son amoureux avait coupé court à leur relation en lui disant qu’il n’était pas prêt pour une relation trop prenante. D’après ce que j’ai compris, cet homme passe son temps à travailler. Il a sa mère et un frère et les affaires familiales. Il travaille le matin, le midi, le soir, et parfois la nuit quand il traite des affaires au Brésil.

Bref, Emilie pas bien mais heureuse de partir au Portugal avec des amis. Seulement, à son retour, en début de semaine, elle s’est effondrée. Et plutôt que de picoler (un bon point pour elle) elle a contacté un centre d’accueil psychologique. Et elle est là-bas depuis son retour. Et je vais la voir cet après-midi pour lui apporter quelques affaires.

Tout cela n’est pas très gai. Mais c’est la vie. Tant qu’on n’a pas réglé ses problèmes, difficile de vivre sereinement.

Côté littérature, vous vous en êtes aperçu, je n’écris plus beaucoup. C’est que j’ai décidé que je ne pouvais pas tout faire en même temps. Et que le boulot m’a rendu anxieux ces derniers temps. Mais il s’est passé quelque chose.

J’ai rencontré le fils d’un musicien de Thomas Fersen. Je l’ai connu gamin quand il prenait des cours de danse avec sa sœur chez mon ex-femme. Et puis je l’ai recroisé souvent puisqu’il habite le quartier. Il sera probablement comédien ou acteur. C’est son truc. Et il est rayonnant sans en rajouter, naturellement. Et beau mec. Ca peut aider. J’ai appris qu’il passait le BAC (on était au café) et il m’a demandé si j’écrivais toujours. Je lui ai dit « oui », un Journal. Un journal un peu spécial. Je lui ai dit que je lui ferai lire si ça l’intéressait. Il passe un BAC littéraire et ça l’intéresse. J’ai pris son adresse e-mail pour lui envoyer le mois de septembre 2007 que j’ai fini de corriger. Et puis je lui ai envoyé un mot pour lui demander s’il avait 18 ans. Lui expliquant que certaines parties de mon Journal étaient interdites aux moins de 18 ans et que je ne voulais pas d’emmerdes avec ses parents. Ai trouvé sa réponse hier soir en rentrant du restau (il en aura bientôt 19) et lui ai envoyé mon texte. J’espère qu’il me dira s’il s’agit de littérature ou d’une merde quelconque et sans intérêt, sauf pour moi.

19h50

Isis a appelé il y a une heure, après son travail. Le mec qui devait nous trouver des invit’ pour la pièce de Ruquier n’avait pas appelé. Il n’y avait rien qui lui plaisait dans les ciné où elle a l’habitude d’aller. Elle allait passer la soirée avec sa fille et moi j’arriverai après, vers 22h30.

Cette vie ne me plaît pas.

J’ai trop dormi, je crois, hier après-midi et ce matin. J’ai trop récupéré au point d’en être déprimé. « Anywhere out of the world » n’est pas la solution. La solution, parce que je n’avais pas envie de rester seul chez moi, pas envie de poursuivre la bio de Buffet ou de continuer la correction de mon Journal 2007 (que j’ai bien avancée aujourd’hui), a été à court terme d’aller boire une bière chez Jean et d’écrire quelques lignes. J’étais dans la grisaille, sur mon lit. J’avais décidé de ne pas boire mais vu la situation, il valait mieux aller chez Jean plutôt que de rester dans la grisaille et la tristesse.

La visite que j’ai faite à Emilie vers 17h n’a rien arrangé. Je l’ai trouvée avec un de ses amis, un peu shootée, avec un sourire de petite fille. Ca avait l’air d’aller. On a parlé de choses et d’autres et surtout de son avenir. Du fait qu’elle devait se libérer enfin de certaines choses.

Tout ça ne me rend pas gai, car je vais devoir moi aussi me libérer de certaines choses.