Dimanche 11 mai 2008 – 13h00

Toujours pas le temps d’écrire. Isis, le boulot.

Nos élèves, en fin de première année, se produisent sur scène. C’est Dom qui met en scène. Et c’est plutôt réussi.

C’est la dernière ce soir. Des chanteurs et des musiciens du conservatoire de Paris voulaient se joindre à nous. C’est là que ça a été réussi. Parce qu’il n’y avait pas les uns d’un côté et les autres de l’autre, il n’y avait qu’une seule chose. Des interprètes, artistes, créateurs, ensembles sur un même navire. Et nous, on a regardé ce navire original (plein de vie et de couleurs) voguer sur les flots.

Je n’hésite pas à employer le mot « créateurs » parce que Dom n’a pas simplement conçu un spectacle. Il a encouragé les élèves à se sortir les tripes pour pondre un spectacle qui les concerne. C’est pour ça que c’est réussi (en plus du fait que le public a apprécié). Parce que chacun s’est impliqué dans ce qu’il faisait, chacun était responsable du spectacle, et c’était le spectacle de chacun, individuellement, et de tous.

J’ai commencé ce texte en signalant que je n’avais pas le temps d’écrire, et je voulais préciser – c’est important et cela m’étonne – que cela ne me fait pas péter un cable.

Je ne plains pas que je n’ai pas de temps pour moi. J’ai parfois peur que mon aventure littéraire s’arrête, peur de me perdre dans cette nouvelle vie avec Isis, que je ne connais pas. C’est l’inconnu tous les jours. C’est un peu perturbant. Mais ça va.

Je sens que c’est pour mon bien, qu’il faut parfois abandonner d’anciens repères pour en retrouver de nouveaux, quitter une ancienne vie pour en commencer une nouvelle, encore plus large, plus heureuse, plus épanouissante.

Isis emploie à ce sujet le mot « grandir ». Je préfère le mot « épanouir ». Mais c’est la même chose.

Je n’aime pas le terme « grandir » parce que je ne me sens pas comme un enfant qui grandit. Par contre, si je me compare à une plante ou à un arbre, oui, je grandis. Et je grandirai toujours parce que j’ai découvert que c’était ce que j’avais de mieux à faire sur cette terre. Ce qui me plaisait profondément.

« Il faut toujours aller nager là où ça nous chante », dit un élève créateur du spectacle. Je pense qu’il a raison.