Jeudi 27 mars 2008 – 8h15

Pas de réponse d’Isis. Vais essayer de ne pas m’enflammer comme je le fais à chaque fois. Vais essayer de ne pas lui faire peur. Mais je suis tellement impatient. Pas de coucher avec elle, mais de savoir si quelque chose d’intéressant est possible entre elle et moi.

Un e-mail hier du notaire. Le rendez-vous est prévu le 4 à 11h. A Perpète-les-oies au nord de Paris. Chez le notaire des acheteurs.

Je suis heureux et malheureux. Heureux parce que je n’aurai pas deux loyers à payer en avril. Mais stressé parce que c’est plus tôt que prévu. Parce que je n’ai pas fait le tri dans tout ce que j’avais à jeter et que j’aurais dû mettre sur le trottoir mardi soir. Stressé parce que le chauffe-eau n’est toujours pas changé, Luis et son chauffagiste étant charrette. Stressé parce que je ne pourrai pas laisser les chiens de Lucky plus de quatre heures tous seuls. Et il habite loin en plus.

Bref, une fois de plus, je vais m’arranger. Eviter que mon stress aille en zone rouge et puis ça ira. Les choses se font de toute façon. Chaque fois qu’elles doivent se faire. De quelle façon ? C’est une autre histoire. La plupart du temps on fait au mieux, comme on peut.

Pour positiver, je me dis que j’aurais pu travailler la semaine prochaine (alors que je suis en congé) et que ça aurait été encore plus emmerdant. Je me dis que j’aurais pu payer deux loyers, etc. Pas d’énervement donc. Ne pas se laisser aller au stress, à l’angoisse. « Ca va le faire », comme on dit vulgairement de nos jours.

Peut-être aussi que ce début d’histoire avec Isis me perturbe, me fragilise. Mais c’est ça aussi qui fait la beauté de la vie, lui donne son sel, son piquant.

Vendredi 28 mars 2008 – 8h05

Pas moyen de demander à Isis ce qu’elle avait pensé de mon sms. Nous étions occupés tous les deux. A midi, en désespoir de cause, je mange vite fait et m’apprête à aller me promener pour m’aérer. Et elle est là, sur le parking, en train d’aller à sa voiture. J’hésite à baisser la tête et à entrer dans la mienne, à partir, un peu triste. Mais je l’appelle. Lui dit que j’ai besoin de savoir pour mes sms. Savoir s’ils ne la dérangent pas. Elle me dit qu’elle apprécie au contraire, qu’elle est rentrée très tard hier et qu’elle n’a pas voulu me réveiller en me répondant, qu’elle n’est pas non plus à l’aise avec ce type technologique de communication. Ca m’a soulagé. Elle allait faire une pause chez elle entre midi et deux et me propose de l’accompagner.

Le soleil entre dans l’appartement. Je suis assis dans le canapé et il me chauffe la nuque. Je ne suis pas très à l’aise. Isis se fait à manger. Fait ce qu’elle a à faire.

On parle de choses et d’autres. J’essaie de me détendre. N’y parviens pas vraiment. On boit un thé. On repart au boulot.

Elle a bu son thé à table. Et moi dans le canapé. Je pense qu’elle ne veut rien précipiter. Mais moi, j’ai besoin d’une réponse.

Dans la voiture, au retour, je guette les feux rouges. Deux fois on s’est arrêtés et je n’ai rien osé dire. Au troisième feu, je me lance. Je lui touche la cuisse et je lui dis : « on est en train de vivre le début d’une histoire tous les deux… est-ce que ça te plait ?... est-ce que tu es partante ?... » « Oui… J’ai décidé de ne pas me poser de questions… De vivre les choses comme elles viennent… » « Fais-moi un bisou » je lui dis en tendant la joue. Elle me fait un bisou. Je le lui rends. Et j’en ajoute un second dans le cou, un peu en-dessous de l’oreille.

Je suis soulagé. Soulagé et heureux. Et comme elle aime bien les sms, à la pause, entre 17 et 18, je lui écris :

« Je suis heureux de ce qui se passe entre nous. J’ai hâte que nous allions à L (U-N, à l’ouest de C). Je suis sûr que tu vas aimer cet endroit. »

J’écris aussi une suite, mais que je lui enverrai plus tard :

« Un de ces jours, nous allons faire l’amour. Sans en faire tout un plat, une cérémonie, j’aimerais que ce soit beau, bon et long. Un restaurant ? Une promenade ? Un massage ? Chez toi ? Chez moi ? A l’hôtel ? On fera comme on voudra. On peut même ne pas « faire l’amour ». Passer un tendre moment ensemble. Dormir. »

Et ce matin, en fumant une cigarette après le petit-déjeuner, face au ciel bleu, des immeubles à l’ouest reflétant le soleil au loin :

« Pas un nuage. Je pense à toi. A cet inconnu qui nous fait peur et nous attire. (L’amour rend poète.) »

Ce soir, nous allons au spectacle ensemble. Entre le boulot et le spectacle, j’irai probablement chez elle. Et ce midi, pourquoi pas.

Idée de sms :

« Au sujet de l’amour, de « faire l’amour ». On pourrait aussi attendre que ça se fasse tout seul. Que nous ne puissions plus attendre. Que cet acte s’impose à nous. Cela pourrait être amusant et fort. »