Printemps, O, expression, fuite, centré, entier
Par sanieptia le vendredi 14 mars 2008, 13:04 - Journal - Lien permanent
Mardi 11 mars 2008 – 08h25
Je vous avais parlé d’avions qui ressemblaient à des comètes au-dessus de la gare. Aujourd’hui, c’est le soleil qui est au-dessus. Bien au-dessus. Et le ciel est bleu. Quand je suis parti à sept heures et demi, il faisait déjà jour. Ca sent le printemps.
N’ai pas trouvé le bon moment pour donner ma lettre hier. Mais je ne me suis pas pour autant dit que je faisais une bêtise, que peut-être je ne devrais pas la donner. J’espère que j’arriverai à la donner aujourd’hui. Naturellement, sans trop d’efforts. J’espère. Ce sera la surprise.
J’ai bien sûr peur des conséquences, de l’inconnu (elle a vingt ans de moins que moi), peur du ridicule aussi, de la veste. Mais bon, il faut bien faire les choses pour vivre, pour mettre de l’ordre dans mon cœur. Et puis, si l’on ne faisait pas les choses chaque fois que l’on a peur, on ne ferait pas grand-chose.
13h45
Ai donné ma lettre à 12h15. J’avais le plexus un peu serré, mais j’étais serein, sûr de moi. Tous les voyants du monde invisible étaient au vert. Je ne me mentais pas. Ma démarche était louable, honnête, juste, etc.
Mercredi 12 mars 2008 – 13h45
Ai vu O. ce matin. Lui ai demandé si elle n’avait pas été trop surprise. Elle m’a dit « non… » avec un sourire qui voulait dire « oui… un peu… ». Un sourire qui disait aussi qu’elle m’aimait bien mais qu’elle n’était pas intéressée.
Au moins je me serais exprimé. C’est l’essentiel. Si elle veut me parler ou m’écrire, elle le fera. Et si elle ne le fait pas, cela ne changera pas grand-chose. Affaire classée.
15h30
Est-ce que je ne vais pas me plonger plus pleinement dans la littérature ?
J’ai pensé ça à la patinoire en terminant la page 238 de Rendez-vous.
Me plonger dans Angot, et puis dans d’autres. Me plonger dans ma propre écriture, librement, à l’instinct, sans aucune contrainte.
Faire le reste parce que ça doit être fait, en continuant d’y grappiller des instants de bonheur, mais sans rien attendre, sans rien espérer.
Me cacher dans la littérature et dans l’art en général, m’y tenir au chaud le plus clair de mon temps. Double vie.
Oublier mes histoires d’amoureuses, oublier le manque, me branler chaque fois que nécessaire, oublier la souffrance grâce aux livres. Me dire qu’un jour – ce sera amusant – je me ferai attraper par une femme et ce sera merveilleux, une belle surprise, ou une décevante surprise.
Je me sens sur ma route. La mienne et celle de personne d’autre. Et je me sens bien sur cette route. Je me sens chez moi. Je crois que c’est l’essentiel.