Lundi 10 mars 2008 – 8h25

Mon maire n’est pas passé au premier tour. Il devra attendre le second pour commencer son troisième mandat. Le PC, contrairement à ce que je pensais, n’avait pas fait liste commune – et ils en profitent pour faire un joli score : 10 % ! Un exploit par rapport à ce qu’ils faisaient avant.

Emilie m’a appelé en fin d’après-midi. Elle était en pleurs. Elle venait de voir sa grand-mère dans un sale état, pleurant elle aussi, dépressive. Cette dernière n’avait même pas pris la peine de mettre son dentier pour la recevoir. Il faut dire qu’elle n’avait pas prévenu non plus. Ca lui a fait un choc.

Je crois qu’Emilie ne s’est pas encore habituée à l’idée de la vieillesse, de la diminution des capacités qui en découle, à la mort. Elle a le temps. Elle est encore jeune. Mais il ne faudra pas qu’elle oublie de s’en occuper.

La grand-mère a de bonnes excuses pour être dans cet état. Avec son mari, ils sortent de moins en mois de chez eux. Ils ont peur de tomber. Et la plupart de leurs amis, les plus proches, sont morts ces dernières années.

Moi, j’ai peur de donner ma lettre. Je me réconforte en me disant que si je ne me mens pas, au sujet de mon cœur qui aurait désigné O, cela devrait se faire naturellement, la vérité de mes sentiments prenant le dessus sur ma peur.

Quoi d’autre ?

Comme tous les lundis, légère angoisse avant de plonger, de me mettre dans le bain.