Samedi 1er mars 2008 – 19h30

Cuite magistrale avec Bruno hier. Et ce n’est pas lui qui m’a entrainé. Je me suis entrainé tout seul. Et j’ai dû l’entrainer aussi un peu.

A midi, dans l’évier, j’ai vu la viande que je n’avais pas assez mâchée la veille. J’ai vu un « plug » maculé de merde, par terre, dans la cuisine. Et une cassette porno sur mon bureau. Je me suis recouché jusqu’à 15h00.

A 16h00, j’étais clair. Piscine, blog chez Bruno, rangement.

Et maintenant je suis impatient d’aller retrouver Emilie. J’ai rarement été aussi heureux de voir quelqu’un. Ai failli lui envoyer ce texto tout à l’heure : « Ne le prends pas mal, mais j’ai jamais été aussi heureux de te voir. Notre amour fraternel me comble ». Je ne l’ai pas envoyé. Je me suis dit que j’allais lui dire avec ma voix.

C’est bizarre. Habituellement, après ce genre de cuite, je suis déprimé, je m’en veux, je me prends pour un malade mental. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Je me sens heureux, détendu, bien dans ma vie.

Lundi 3 mars 2008 – 8h15

Je ne suis pas au café mais dans ma chambre. Je n’écris pas au stylo mais à l’ordinateur. Nous sommes logés dans un ancien hôpital de la Marine. Les chambres sont agréables, bien aménagées, neuves. Pas de télé. Silence. Le bâtiment où nous sommes est bas, mais l’ensemble est immense et ressemble à une caserne.

La rencontre avec Emilie a été merveilleuse. Elle n’allait pas très bien (des doutes avec son malgache), et moi j’étais en manque d’affection. On s’est serrés l’un contre l’autre. Elle a pleuré un peu. On a mangé et on est allé voir Paris, de Cédric Klapsich. J’ai trouvé ça formidable. Ca parlait de la vie, et donc encore une fois, ça allait dans le sens de la « nouvelle religion ». J’ai vraiment trouvé que c’était un réalisateur talentueux, avec du style, esthétique et vivant. Ce film nous a fait du bien à tous les deux. Et être ensemble aussi. Je n’avais plus besoin de « branlette améliorée » à notre retour. Je lui avais demandé au début de la soirée si elle accepterait encore une fois de me procurer ce genre de plaisir. Et puis non, nous nous sommes endormis dans les bras l’un de l’autre. L’envie était passée.

Mardi 4 mars 2008 – 08h15

J’ai trouvé un superbe café en arrivant ici, mais nous logons trop loin pour y aller facilement, et nous travaillons loin aussi. Et puis j’ai amené mon ordinateur, et comme je suis seul dans ma chambre, j’ai décidé de tenter l’aventure d’écrire quelques lignes ici avant de partir au travail.

Un ciné avec Pascal hier soir. Les Ch’tis. Les images sont beaucoup moins chouettes que celles de Klapisch. Mais c’est une belle histoire, une belle comédie, touchante. J’ai trouvé Kad moyen, mais c’est surtout celle qui joue le rôle de son épouse que j’ai trouvé hors-jeu. Elle m’a gâché le film. Elle m’a rappelé une personne que je n’aime pas, mais je ne pense pas que mon jugement soit uniquement dû à cela. J’ai trouvé Dany Boon et la bande de « Ch’tis » formidables.

Mercredi 5 mars 2008 – 18h50

Ca ne me réussi pas trop d’être là. Travail trop excentré pour pouvoir me réfugier au café. Logement excentré aussi. Pas d’internet. Peu de temps pour moi. Ai l’impression de vivre en colonie de vacances, de voir les mêmes gens du matin au soir. Et même s’ils sont agréables, cela ne me convient pas. N’ai pas non plus d’amoureuse à laquelle penser. Pas d’aventure sur laquelle rêver.

Pascal va voir Paris ce soir. Je ne vais pas l’accompagner – contrairement à ce que je lui ai dit il y a quelques jours. Je vais me coucher tôt, pour suivre Rendez-vous et dormir. Et demain, j’irai vers sept heures et quart voir les étourneaux s’envoler. Pascal m’a dit que c’était superbe. Ensuite, avant d’aller au travail, j’aurai une heure pour aller voir la mer. S’il fait beau comme aujourd’hui, cela sera parfait.

Jeudi 6 mars 2008

Ca va mieux aujourd’hui. Je me suis débrouillé pour avoir un petit moment pour moi. J’ai acheté un magazine avec un DVD. Maximal. Un DVD « arnaque ». Mais j’ai quand même vu quelques femmes nues et je me suis branlé. Ca m’a fait du bien.

Envol des étourneaux à 7h30. Impressionnant. Petit déjeuner rapide et une demi-heure à la plage la plus proche. Comme la masturbation, ça fait du bien. Les vagues qui roulent, l’odeur des algues, l’envol des gravelots que j'ai dérangés, le bruit des vagues, l’horizon... C’est comme le vol des étourneaux : impressionnant. Comme l’orgasme : étrange, beau et fort.