Fatigue, béquilles, bon moral, lettre à Angot
Par sanieptia le dimanche 10 février 2008, 13:51 - Journal - Lien permanent
Samedi 9 février 2008 – 10h40
Encore fainéant au réveil, mais les rêves psychanalytiques m’ont lâché. C’est peut-être dû à l’alcool, au fait que je ne boive plus d’alcool, cette phase de rêves perturbants. Je constate aussi que je ne me masturbe plus. Je le faisais beaucoup plus souvent avant, pour évacuer des tensions intérieures, des pulsions.
Je n’ai aucune envie d’appeler Margaux. Nous ne nous voyons pas assez. Je n’ai rien à lui dire. Je lui ai proposé un ciné ou un verre jeudi ou vendredi. Elle était occupée. Elle sortait. Je pense qu’elle s’organise pour sortir dès qu’elle le peut, quand elle n’est pas avec son fils, pour éviter de s’angoisser, de s’ennuyer. Et qu’elle choisit des valeurs sûres pour ça. Je pense que je ne suis pas une valeur sûre. Je ne sais pas ce que je suis pour elle. J’essaierai de le savoir la semaine prochaine quand on s’appellera.
Pas d’alcool, pas de sexe (même entre moi et moi, sauf avec Dominique, sans grande satisfaction autre que physique), pas d’amour. J’ai l’impression de commencer à vivre différemment. Même si cela n’est pas très gai, j’ai l’impression que c’est bien. Je ne ris pas toutes les cinq minutes mais je suis stable. J’ai un bon moral.
Une femme m’a dit il y a vingt ans que j’avais besoin de béquilles, au sujet d’une autre femme. Elle aurait bien voulu jouer le rôle de la béquille à la place de cette autre femme.
J’ai l’impression, en abandonnant l’alcool, d’abandonner une béquille. Une béquille qui me faisait boiter, amplifiait mes hauts et mes bas. Je pense qu’une activité masturbatoire fréquente, ou intense, comme lorsque je fais l’amour avec moi-même, lentement, fortement, constitue aussi une béquille. Et mes rêves de libertinage, suivis de la découverte de l’amour avec Cécile. La magie de la rencontre avec Margaux. Béquilles. Piment ou montée d’adrénaline pour faire face à une vie terne, quotidienne, ennuyeuse, que j’ai peur d’affronter. Que je ne peux supporter.
Je me sens aujourd’hui capable de vivre cette vie terne, ennuyeuse, parce que c’est mon choix, mon plaisir en ce moment. Cela ne me déprime pas, au contraire. C’est mon expérience. C’est mon voyage au bout de la lumière. Et puis je sais que cette vie terne ne durera pas. Je n’ai jamais eu une vie terne. Pourquoi ça commencerait maintenant ?
Tout ce que je risque, c’est d’avoir une vie réelle, moins rêvée. Et je soupçonne cette vie réelle d’être tout aussi excitante que la précédente. Parce que je me sens plus lucide, moins fragile, et en conséquence, je pense que je vais en profiter d’autant plus.
Le plus douloureux en ce moment est le manque d’amour. Mais je sais à mon âge que la souffrance fait partie de la vie. C’est même la souffrance, le manque, qui nous maintiennent en vie, en mouvement.
Je vais faire fonctionner ma béquille principale. Mon écriture. Je vais écrire à Christine Angot. Poursuivre la correction de mon Journal 2006-2007. Lire. Voir des choses.
15h30
Je suis à la patinoire. Je viens de terminer Pourquoi le Brésil ?. Je crois que je vais mettre un morceau d’Angot sur mon blog, histoire de partager le plaisir que j’ai à la lire. Les dernières lignes de Pourquoi le Brésil ?. La dernière phrase. Une cigarette ensuite et si je le sens, je recopie proprement la lettre que je lui ai préparée et que j’ai déjà recopiée une fois vite fait sur du papier.
16h45
Ca y est. J’ai re-recopié ma lettre. Je la trouve bien. J’inscrirai tout à l’heure sur l’ordi les variantes de cette nouvelle lettre, et puis je la mettrai dans une enveloppe. J’irai à l’église ensuite pour prier.
Commentaires
on ne vous oublie pas ;enfin moi !
j'aime l'idée d'aller prier ;cela m'arrive quand j'ai besoin de poser mes fardeaux ou de réfléchir mais aussi quand je suis trés heureuse et comme toute bretonne je mets un cierge à la vierge,signe d'une communication de pensée et de partage.
Pour moi, c'est une façon de parler. Je ne suis pas croyant.