Mercredi 30 janvier 2008 – 8h35

Cigarette.
Ca s’est bien passé durant trois jours, mais lundi soir, à la fin de la soirée avec Margaux, en rentrant chez moi, j’ai eu très envie, vraiment très envie de fumer. Impossible de me raisonner. Il m’a fallu beaucoup de force pour me dire « Au lit. Tiens le coup. » Et j’étais très content de moi en m’endormant sans avoir fumé. Hélas, le lendemain, cette envie terrible - la plus forte depuis trois jours - m’a attrapé juste après le petit-déjeuner et ne m’a pas lâché jusqu’à ce que je fume.
Je me souviendrai longtemps de cette envie. Il faudra que je m’en souvienne pour gagner un jour la partie contre elle.

11h15

Je continue de publier ici mes sms. Ils disent des choses importantes pour ce journal. Et cela m’évite de dire les mêmes choses d’une autre façon.

« Comment vont tes finances ? Pas trop la cata ? Moi, je suis content. Mon appart est vendu et je vais enfin sortir de cette sale situation. »

Si je parle de finances à Margaux, c’est parce qu’elle a été touchée par le petit crack boursier et par l’affaire Société Générale. A quel degré, je ne sais pas.

J’ai eu du mal à écrire ma poésie ce matin. Une idée qui m’est venue avant d’aller au travail, une sensation que je voulais partager avec Margaux. C’était long, ça se transformais en réflexions, avec des indications s’ajoutant à des indications. J’ai fini par opter pour l’ellipse, le haïku flottant. Mais je ne sais pas si c’est réussi.

La voici :

Il bruine. La vie n'est pas belle. J'ai vu ça dans un clip de Mylène Farmer au café. Je suis Porte Dorée et je pense à une autre époque de ma vie. La vie n'est pas spécialement belle mais on peut agir pour la rendre belle.

19h00

Margaux ne va pas bien. Des problèmes avec son fils, avec son ex qui est resté en relation avec son fils, qui essaie de la faire craquer, de la faire replonger dans son lit, avec elle-même aussi sûrement. Je crois que c’est une femme qui n’a pas vécu, qui n’est jamais vraiment devenue elle-même. J’ai envie de l’aider. Je me sens bien avec elle. Je nous sens heureux comme deux gamins.

De mon côté, point de vue finances, c’est une catastrophe. Les impôts – c’était plus ou moins prévu – auxquels se sont ajoutés une désagréable surprise tout à l’heure. Mon fils était encore enrhumé et donc privé de patinoire. On se demandait ce qu’on allait faire de notre après-midi. Et là surprise, il me parle d’Astérix. Je vais vérifier l’état de mon compte et je suis agréablement surpris de constater que mon salaire est arrivé, mais moins agréablement surpris de constater que l’avance sur salaire qui n’avait pas été retirée le mois dernier l’a été ce mois-ci. Gros naïf que je suis. Je m’étais dit que c’était peut-être un cadeau, une prime ! En résumé, me voilà avec 300 euros en moins sur mon budget et 350 euros en plus d’impôt. Sans compter le chauffe-eau, la vidange, le parallèlisme, etc.

J’ai préféré en rire que de pleurer. J’ai mis ma fierté de côté et décidé de demander de l’argent à mes parents. D’ici deux ou trois mois je toucherai un chèque conséquent pour l’appartement et je pourrai les rembourser. Affaire classée. Du coup, je me suis acheté un disque en sortant du ciné. Vincent Delerm. Des duos. Et là, entorse au règlement, je bois une bière.