Mercredi 29 août 2007

12h30
Je suis sur le chemin du retour. J’ai fait une halte à Nevers. C’est la ville où je suis né, avant de partir en région parisienne, de deux à sept ans à peu près, ou je suis revenu ensuite vivre ma plus grande part d’enfance et de souvenirs avant de repartir à nouveau. C’est là que sont mes racines, même si j’en ai planté d’autres depuis en région parisienne.
Je me suis garé à côté de la gare, que j’ai beaucoup fréquenté à une époque. Elle a changé. Elle a été refaite. J’ai traversé le buffet de gare, où l’on pouvait se souvenir, parce que ça n’avait pas trop changé. Ce n’était plus le père de mon ami Laurent qui était derrière le bar, mais une femme.
J’ai remonté l’avenue principale. J’ai laissé la Porte du Croux à ma droite. Je ne m’en suis pas approché. Je suis arrivé place Carnot, où j’ai posé mes fesses dans ce bar où j’écris et où je bois une bière. Avant d’entrer, je me suis souvenu de « la salle de jeux » à côté d’ici. Un endroit où on allait jouer au flipper pour pas cher pendant des heures. C’est devenu un kebab. J’ai aperçu aussi dans une petite rue à côté du café la boutique où ma mère nous acheté nos premiers jeans de marque. « Le Stock Américain » ça s’appelait. Et ça s’appelle toujours « Le Stock ». Les volets en bois étaient fermés, je ne peux donc affirmer que la boutique soit la même. Mais vu de l’extérieur, ça n’a pas changé.
La marque de ce premier jean était SEROR. Ceux que l’on voyait le plus dans cours du collège, c’était LOÏS – vraiment branché à l’époque -, et il y avait aussi beaucoup de LEE et quelques petites étiquettes rouges devenues très célèbres : LEWIS. Nous, c’était SEROR. C’était un peu moins cher et branché. Mais on était content quand même parce que ma mère (et je l’en remercie) nous avait emmené dans cette boutique dont tout le monde parlait.
Je viens de tomber en panne de stylo. Je paie. Je continue mon tour.

15h00
Cela prendrait trop de temps de raconter tout ce que j’ai vu ou ressenti. Je me suis posé pour manger en bas de la rue commerçante - qui s’appelle maintenant François Mitterrand. Je signalerai juste que j’ai été ravi de découvrir que la rue de « la salle de jeux » était en fait la rue des premières faïenceries, vers la fin du XIVe siècle. J’ai apprécié aussi les vitraux modernes de la cathédrale que je ne connaissais pas. Est-ce que j’ai l’esprit de compétition ? Selon moi, c’est Claude Viallat qui gagne. En fait je me suis réapproprié ma ville. Un vrai bonheur. Une autre fois, je ferai la même chose dans le quartier où j’habitais, à l’est, à la campagne.

A part ça l’entrevue avec mon père s’est bien passée. J’ai taillé un costard à ma sœur pour qu’il s’en méfie. J’ai découvert qu’il était assez serein, et avec soulagement qu’il n’envisageait pas de se débarrasser de ma mère. Nous étions sur la même longueur d’onde et tout allait bien.
Pour finir, j’aimerais préciser que j’ai trouvé ma sœur durant ce séjour moins hystérique je ne l’imaginais. J’ai même pensé qu’il devait y avoir un mâle derrière tout cela, pour lui remettre régulièrement les énergies en place. Est-ce qu’elle s’améliorerait en vieillissant ? Tout est possible ! Et ce serait merveilleux !
Bref, je suis à nouveau optimiste quant à l’avenir de mes parents. Mon père va continuer à faire des efforts jusqu’au 6 - date à laquelle ma mère doit revoir le médecin - et j’espère qu’elle en fera aussi !