Nevers
Par sanieptia le samedi 1 septembre 2007, 21:22 - Journal - Lien permanent
Mercredi 29 août 2007
12h30
Je suis sur le chemin du retour. J’ai fait une halte à Nevers. C’est la ville
où je suis né, avant de partir en région parisienne, de deux à sept ans à peu
près, ou je suis revenu ensuite vivre ma plus grande part d’enfance et de
souvenirs avant de repartir à nouveau. C’est là que sont mes racines, même si
j’en ai planté d’autres depuis en région parisienne.
Je me suis garé à côté de la gare, que j’ai beaucoup fréquenté à une époque.
Elle a changé. Elle a été refaite. J’ai traversé le buffet de gare, où l’on
pouvait se souvenir, parce que ça n’avait pas trop changé. Ce n’était plus le
père de mon ami Laurent qui était derrière le bar, mais une femme.
J’ai remonté l’avenue principale. J’ai laissé la Porte du Croux à ma droite. Je
ne m’en suis pas approché. Je suis arrivé place Carnot, où j’ai posé mes fesses
dans ce bar où j’écris et où je bois une bière. Avant d’entrer, je me suis
souvenu de « la salle de jeux » à côté d’ici. Un endroit où on allait
jouer au flipper pour pas cher pendant des heures. C’est devenu un kebab. J’ai
aperçu aussi dans une petite rue à côté du café la boutique où ma mère nous
acheté nos premiers jeans de marque. « Le Stock Américain » ça
s’appelait. Et ça s’appelle toujours « Le Stock ». Les volets en bois
étaient fermés, je ne peux donc affirmer que la boutique soit la même. Mais vu
de l’extérieur, ça n’a pas changé.
La marque de ce premier jean était SEROR. Ceux que l’on voyait le plus dans
cours du collège, c’était LOÏS – vraiment branché à l’époque -, et il y avait
aussi beaucoup de LEE et quelques petites étiquettes rouges devenues très
célèbres : LEWIS. Nous, c’était SEROR. C’était un peu moins cher et
branché. Mais on était content quand même parce que ma mère (et je l’en
remercie) nous avait emmené dans cette boutique dont tout le monde
parlait.
Je viens de tomber en panne de stylo. Je paie. Je continue mon tour.
15h00
Cela prendrait trop de temps de raconter tout ce que j’ai vu ou ressenti. Je me
suis posé pour manger en bas de la rue commerçante - qui s’appelle maintenant
François Mitterrand. Je signalerai juste que j’ai été ravi de découvrir que la
rue de « la salle de jeux » était en fait la rue des premières
faïenceries, vers la fin du XIVe siècle. J’ai apprécié aussi les vitraux
modernes de la cathédrale que je ne connaissais pas. Est-ce que j’ai l’esprit
de compétition ? Selon moi, c’est Claude Viallat qui gagne. En fait je me
suis réapproprié ma ville. Un vrai bonheur. Une autre fois, je ferai la même
chose dans le quartier où j’habitais, à l’est, à la campagne.
A part ça l’entrevue avec mon père s’est bien passée. J’ai taillé un costard
à ma sœur pour qu’il s’en méfie. J’ai découvert qu’il était assez serein, et
avec soulagement qu’il n’envisageait pas de se débarrasser de ma mère. Nous
étions sur la même longueur d’onde et tout allait bien.
Pour finir, j’aimerais préciser que j’ai trouvé ma sœur durant ce séjour moins
hystérique je ne l’imaginais. J’ai même pensé qu’il devait y avoir un mâle
derrière tout cela, pour lui remettre régulièrement les énergies en place.
Est-ce qu’elle s’améliorerait en vieillissant ? Tout est possible !
Et ce serait merveilleux !
Bref, je suis à nouveau optimiste quant à l’avenir de mes parents. Mon père va
continuer à faire des efforts jusqu’au 6 - date à laquelle ma mère doit revoir
le médecin - et j’espère qu’elle en fera aussi !