A un dîner chez les parents de Tinan, avec Albert - Henri Haug -, traducteur de Nietzsche
Par sanieptia le mercredi 22 août 2007, 12:42 - Paul Léautaud - Lien permanent
Paul Léautaud 1872 - 1956
Journal littéraire
Tome I : novembre 1893 – juin 1928
7 Avril 1903
Page 69 :
« Ce soir encore, je ne me suis guère amusé. Cela me fait pourtant plaisir
de voir des gens, des lumières, d’entendre bavarder. Ah ! réussir !
Comment y arriver, si je m’ennuie autant partout, si partout je ne pense qu’à
moi ? Toujours la même chose : rien ne m’étonne, ne me ravit, ni les
choses, ni les gens, et je ne crois pas que ce soit parce que je m’en fais
avant une trop grande imagination. J’étais comme cela quand j’étais enfant.
J’arrive, je me mets dans un coin, et là je pense à moi, à mes affaires. Oui,
c’est là le vrai : je ne pense qu’à moi. De plus, de quelque endroit qu’il
s’agisse, de quelques gens aussi, en deux fois j’ai vu ce qu’est le premier et
ce que valent les seconds. »
J’étais comme cela quand j’étais enfant.