Paul Léautaud 1872 - 1956

Journal littéraire
Tome I : novembre 1893 – juin 1928

9 Mai 1902
Page 44 :
« Combien, le plus souvent, je me serai trouvé seul, de cette solitude morale, quelque fois plus douloureuse, quand on la constate, que la solitude physique.
Parents, amis, compagnons de bureau, jusqu’à mes maîtresses, et je pourrais même dire : surtout mes maîtresses ! presque aucun de ces êtres n’a sympathisé avec moi comme goûts, idées et désirs. Encore, les amis, d’autres bonheurs étaient possibles avec eux. Mais les compagnons de bureau ! mais les maîtresses ! Je leur ai toujours fait à tous, plus ou moins, l’effet d’un timbré. »

Il faut assumer cette solitude.
Sensation d'être « un vilain petit canard », qu’il faut dépasser.