Premières nuits, sexe, soleil, programme, masturbation, Georges Brassens, pas d'appétit, bien-être, amour, confiance, ce que je suis, Voltaire, ivresse et mégalomanie,
Par sanieptia le samedi 14 juillet 2007, 17:42 - Journal - Lien permanent
Vendredi 13 juillet 2007
La deuxième nuit s’est mieux passée que la première.
Il fait beaucoup plus sombre ici que chez Emilie. Même en laissant les volets à
demi ouverts, il fait vraiment très noir. Le lit d’appoint sur lequel je dors
est celui qu’occupait mon fils quand il venait ici. Sous mon poids, il se met
légèrement en forme de hamac. Impossible de dormir sur le ventre ou sur le
côté. C’est ce qui m’avait réveillé la première nuit : une douleur au dos.
Je pense que j’ai dormi sur le dos cette nuit.
Le fait de ne pas avoir la télé est intéressant. Elle me manque pourtant.
J’essaierai de ne pas trop en abuser quand je l’aurai de nouveau, de conserver
quelques moments de calme comme j’en vis en ce moment.
Quand je suis rongé par le sexe – ou plutôt par le manque de sexe -, je ne songe pas à « guérir ». Je pense au mois d’août, quand j’aurai suffisamment d’argent pour aller au sauna et une ou deux fois en boite libertine. Je pense aussi aux rencontres qui vont devenir possibles maintenant que je ne suis plus avec Emilie.
Premier soleil de l’été.
On aurait mieux fait d’aller à la piscine plutôt que de cuire au
skate-park.
Pour ne pas m’ennuyer, j’ai programmé ma soirée :
19h 20h - lessive (plus un café au café).
20h 21h – toilette (plus relaxation ? chant ?)
21h 22h – Repas (plus plein de cigarettes).
22h 23h – Léautaud (avec encore des cigarettes et du café décaféiné).
Dodo ensuite.
Demain, la journée sera consacrée à mon installation : rangement de
diverses choses actuellement entassées dans des cartons (plus promenade au bord
de l’eau ? un ordinateur squatté chez Emilie ou Bruno ?)
Ma vie est pleine de surprises…
Pour parfaire le programme, je me suis offert une séance de masturbation.
Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche
au pas, cela ne me regarde pas.
Je suis mon petit bonhomme de chemin…
Il est 22h00. Je n’ai pas respecté mon programme.
Pas de toilette (pas de relaxation mais du chant). Pas de repas (mais des
cigarettes). Bruno m’a appelé et j’ai appelé Emilie. Je suis ensuite allé
directement à Léautaud. Je suis en train de finir le vin rouge acheté
mercredi.
Ai l’impression d’être ici comme j’aurais voulu l’être il y a trois ans. Ma rencontre avec Emilie m’a freiné ? retardé ? Non, elle m’a permis de mûrir et de vivre pleinement ce que je vis aujourd’hui.
En pensant à Coralie qui s’est montrée proche de moi (ou intéressée ? alors que j’étais moi-même intéressé par Mélanie) le 12 juin, au cas où l’on se rapprocherait un jour et qu’elle aurait envie de quelque chose de sérieux : « Je suis un saltimbanque. Un saltimbanque de la vie. »
Je recopierai un jour quand j’en aurai le courage toutes les « bêtises » que je lui ai écrites quand j’étais amoureux – bêtises que je ne lui ai jamais envoyées et qu’elle n’a jamais lues. Dans mes écrits, cela s’intitulera : Journal amoureux destiné à Coralie.
Question :
Je suis en train de réussir ma vie ?
Réponse :
Je crois bien que oui.
J’ai vérifié la définition de « saltimbanque » dans le
dictionnaire. Les pétards et autres feux d’artifices pètent dehors. Et le mot
ne convient pas du tout pour me définir vis à vis de Coralie :
« Personne qui fait des tours d’adresse, des acrobaties sur les places
publiques, dans les foires. »
Je ne lui dirai rien si je la rencontre à nouveau. En tout cas pas plus de ce
qui est suggéré dans ce journal amoureux. A savoir que je suis un être vivant
qui pense, qui pense sa vie et vit sa pensée (pour reprendre une formule chère
à Michel Onfray) et essaie d’en faire une œuvre utile.
A ce sujet, je note que Voltaire, qui est extrêmement célèbre et reconnu,
est considéré comme un moins que rien en tant que philosophe par les
philosophes.
Pas assez judéo-chrétien je suppose, ou trop fluide, trop vivant, trop ironique
et pas assez sérieux, trop homme d’affaires aussi peut-être, trop
mégalo...
En vérité, je vous le dis, mes amis – comme je l’ai déjà dit un jour
d’élections à mon ami conseiller général : après Voltaire, Nietzsche,
Cioran, je suis le suivant.