Samedi 7 juillet 2007

Je ne me sens pas bien.
Je ne vais plus boire de café au café pour faire des économies. Est-ce pour cela que je n’écris plus dans ce journal ? C’est possible.
Aujourd’hui, je bois un café au café. Possible que le fait de ne plus tenir ce journal me déséquilibre.
J’ai pensé ce matin, mais je ne l’ai pas fait, que je pourrais aussi écrire au bord de l’eau. J’essaierai. Peut-être que je m’y sentirai trop seul… J’aime le bruit et le mouvement des gens au café, ma solitude au milieu de ce bruit et de ce mouvement. J’aime le café qui accompagne mes cigarettes, même s’il me coûte trop cher en ce moment.

Emilie m’a fait une scène terrible après son opération des yeux. Elle m’a fait comprendre que je profitais d’elle et je ne l’ai pas accepté. J’ai décidé que je devais rejoindre mon studio au plus vite. Vraiment au plus vite. Eau chaude ou pas eau chaude.
Ce qui fait que depuis ce moment mes rares instants de liberté sont consacrés à rendre ce lieu habitable. Ménage. Les livres que je dois garder ou jeter. Achats de cartons et d’autres choses qui coûtent une fortune dans ma situation. 360 euros de charges (dernier prélèvement concernant le ravalement), et puis je dois garder 150 euros pour faire avec mon fils une visite à mes parents à la fin du mois. Je ne peux pas me permettre de rater ce moment : il part ensuite tout le mois d’août avec sa nouvelle famille.

Je vais vivre plusieurs mois difficiles. C’est peut-être cela qui me mine. Mais je ne suis pas désespéré, loin de là. Je sais que ce moment difficile est le point de départ d’une nouvelle vie, d’un nouveau morceau de ma vie, plus heureux que le précédent j’espère, plus facile, et tout autant plein de surprises.
Si je compte bien, il s’agira de ma cinquième vie. Et si je ne me trompe pas, ce sera la plus belle et la plus heureuse. Si j’en ai une sixième encore plus belle et intéressante, ce sera un miracle. Normalement, la fin de la sixième, c’est la vieillesse et la mort. Il n’est pas impossible que je vieillisse et meure heureux.