Mardi 29 mai 2007

C’est Emilie qui a « dégainé » en premier.
On sentait tous les deux que quelque chose n’allait plus depuis la soirée libertine qu’elle avait mal vécu, depuis sa nuit coquine avec l’associé de son patron. Une sorte de limite avait été franchie. Mais on faisait depuis comme si tout allait bien, comme s’il y avait encore de l’espoir entre nous. Et on faisait chacun de notre côté, silencieusement, une sorte de bilan.
C’est elle qui a provoqué la discussion dimanche soir.
J’avais travaillé toute la journée, j’étais fatigué et on est allé boire un verre. Nos conclusions étaient les mêmes. Elle constatait que j’étais attiré par les lieux libertins, que je comptais y vivre une grande partie de ma sexualité. Je confirmais. De son côté, elle avait envie de choses plus simples : un amoureux qui lui ferait l’amour deux ou trois fois par semaine. Ma passion pour mon travail n’allait pas dans le bon sens non plus. J’acceptais de travailler le week-end quand il le fallait, j’étais ambitieux, j’avais envie de voyager grâce à mon travail à travers la France et le monde. Elle aurait voulu retrouver son compagnon tous les soirs, passer du temps avec lui le week-end, faire des escapades quand cela est possible.
J’ai appris que l’un de ses projets cachés était de gagner suffisamment d’argent pour que je puisse travailler moins, avoir plus de temps pour moi et pour elle. Le bilan était juste encore une fois. Elle désirait avoir un enfant alors que j’en avais déjà un, que je disais que cela coûtait beaucoup de temps, d’énergie et d’argent, un enfant. J’aurais repoussé cette idée, cet acte important, le plus possible dans le temps.
Pour m’assurer que nous en étions bien à un point de non retour, je lui ai demandé s’ils s’étaient revus avec « l’associé ». Ils ne s’étaient pas revus mais elle aurait bien aimé qu’il la rappelle. Elle attend la prochaine « bouffe professionnelle » pour voir ce qui se passera. J’ai aussi appris que son patron, libertin à ses heures – avec sa maîtresse, pas avec sa femme – lui avait proposé de prendre un après-midi pour aller visiter un lieu où il a ses habitudes.
Voilà, l’affaire est entendue.
Nous n’allons pas nous séparer pour autant. Pas tout de suite. Nous allons mener à bien nos affaires en cours : vente de mon appartement et remboursement de ce que je lui dois. Nous resterons amis, je crois, en attendant de nous séparer pour de bon, et nous ferons tout ce qu’il faut pour que l’un et l’autre aillent bien.