Récit de voyage
Par sanieptia le mercredi 16 mai 2007, 12:35 - Journal - Lien permanent
Dimanche 13 mai 2007
Je quitte la Gare de Lyon. C’est toujours un bonheur de partir en
voyage.
Je suis dans un TGV à étage pour la première fois de ma vie. A l’agence, quand
on me l’a proposé, j’ai donc choisi une place à l’étage, à côté de la fenêtre.
Le seul inconvénient, pour l’instant, est que je ne suis pas assis dans le sens
de la marche.
Le TGV est une grosse machine qui roule très vite. C’est étonnant d’aller aussi vite. On souhaite qu’aucun incident ne se produise. On serait alors disloqué, explosé.
Certains nuages avancent avec nous, d’autres restent en suspend. Il ne fait pas très beau.
Diverses cultures sortent de terre.
La France est très belle. J’aime ces paysages. Ils me font penser à
l’affiche de Sarkozy.
J’aime aussi le mot ENSEMBLE. Ce n’est pas pour autant que j’ai voté Sarkozy.
Je me méfie de lui. Mais maintenant qu’il est là, je lui fait confiance.
J’espère qu’il va m’étonner – dans le bon sens. Dans le cas contraire, j’espère
que nous serons assez nombreux pour lui montrer la porte de sortie.
Mon voisin est plutôt mignon. Il porte un T-shirt H.E.C. « Ski Club » marqué dans le dos. Il travaille en regardant le plafond.
Je ne peux quitter des yeux le paysage. Je suis dans le train et en même temps je peux être partout dehors, sous un arbre, au bord d’un ruisseau, en train de visiter une ferme ou un village. C’est assez magique. Je me gonfle de tout ce que je vois. Je me remplis.
Ce ne sont plus les mêmes cultures qui sortent de terre maintenant. Les forêts sont plus nombreuses, les vaches sont blanches.
Mon voisin porte une montre Diesel. Je me dis qu’il a de l’argent. Le style de cette montre est étrange. Elle me fait penser aux premiers modèles de « montres à quartz » - c’est ainsi que nous les appelions il y a trente ans.
Beaucoup de conifères. Nous sommes dans le Morvan ?
C’est vraiment très beau. C’est vallonné, avec de petites parcelles de terrain, des haies, des étangs, des mares pour faire boire les bêtes. C’est la campagne que j’ai connue dans mon enfance.
Les nuages ont disparu. La climatisation est agréable.
C’était bien le Morvan. J’ai aperçu les collines au loin quand on l’a quitté.
Les premières vignes. Le Beaujolais ? Non, plutôt le Mâconnais.
Nous venons de traverser un fleuve immense. La Saône ?
Les nuages sont de retour. Un voile plus ou moins épais.
Encore des collines à l’ouest. Les Monts du Forez ? Tout cela est moins joli sans le soleil.
Il a aussi un stylo H.E.C.
Une grande plaine, extra-plate, industrielle, pas jolie.
Beaucoup de vent. Les arbres ondulent comme des vagues.
Les toits sont de moins en moins pentus. Le voile de nuages s’est épaissi.
On est au sud de Lyon. Il y a toujours autant de vent, il fait toujours aussi gris et je me suis acheté une petite bouteille de Beaujolais et des chips. Je crois que je vais lire ou dormir ensuite, et attendre Toulon – le premier arrêt – pour pouvoir fumer une cigarette. Les tuiles sont provençales maintenant.
Je viens de finir La puissance d’exister de Michel Onfray, et confirme que pour moi il est important en tant qu’auteur d’une nouvelle histoire de la philosophie, réhabilitant une pensée mise trop longtemps de côté par notre culture judéo-chrétienne et platonicienne, mais que pour le reste, il ne me concerne pas, il me fatigue parce qu’il ne m’apprend rien. Je vais donc m’en tenir à sa Contre-histoire de la philosophie chaque été, sur France-Culture, une heure par jour. Ce sera bien suffisant.
Onfray est « bourdieusien ». Sa pensée « communiste » est simpliste, voire simplette.
Retour du soleil. La mer est à ma gauche.
Entre Toulon et Cannes, la terre est rouge.
Je ne peux plus voir la mer. Il y a des montagnes entre elle et le train.
Commentaires
sanieptia m'ennuie il ne m'apprend rien. Et ce n'est pas ce chapelet de platitudes qui me secouera de ma torpeur.
Personne n'est désiré ici.
Vous pouvez rester dans votre torpeur.
Pour comprendre (ou sentir) un peu l'intérêt de ce journal, de ce témoignage, il faut suivre toute l'aventure, donc tout lire. Et cela ne peut se faire si l'on s'ennuie, effectivement.
Il existe toutes sortes d'arts, mon cher Niego, pour toutes sortes de gens. Apparemment, le mien, ce que je fais, ne vous convient pas. Et cela ne veut pas dire que ce que je fais est plat ou sans intérêt. Et cela ne veut pas dire non plus que vous êtes un abruti. Cela veut seulement dire, je le répète, que ce que je fais ne vous convient pas, ne vous plaît pas.